| Ecrit par Rome,
le 09-10-2007 01:00
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Avec sa barbe poivre et sel, Régis Loisel est un vieux de loup de mer de la BD. Tel un voilier ardent, il a navigué ce week-end entre sirènes médiatiques et rencontres avec ses lecteurs. Il revient sur son parcours lors de la fête de l’animation et la bande dessinée 
(Photo LPJ) Votre bande dessinée Peter Pan est adaptée en chorégraphie par Bdanse. Avez-vous participé à la conception du spectacle ? J’ai été en contact avec Emilio Calcagno à l’origine du spectacle. Néanmoins ma démarche est de laisser un autre créateur réinterpréter une création. Je n’ai pas vu l’adaptation de Peter Pan. Demain, ce sera une découverte pour moi. J’attends cette représentation avec beaucoup de curiosité car la danse est un mode d’expression qui m’est étranger. Je sais qu’ils utilisent quelques images de la BD mais je n’ai pas travaillé sur les décors par manque de temps. Vous vivez au Canada depuis 6 ans. Ce changement de pays vous a-t-il apporté d’autres histoires à raconter ? Vivre dans ce nouveau pays n’a pas changé mon dessin ni mon inspiration. Par contre, je me suis imprégné de la vie québécoise au début du siècle pour créer la série "Magasin général". Etre sur place me permet de consulter des archives, de parcourir les brocantes à la recherche d’objets de l’époque. Vous travaillez aujourd’hui avec un coloriste, François Lapierre, et un co-scénariste, Jean-Louis Tripp. Vous avez changé votre méthode de travail ? Je fais aujourd’hui ce qui m’intéresse le plus dans la BD : la mise en scène et la création de personnages. Les finitions m’ennuient. Jean-Louis ensuite décalque et met les ombres et les lumières. François va après travailler la couleur à l’ordinateur pour obtenir un fini dans les tons pastels. Cette nouvelle méthode de travail me permet d’aller beaucoup plus vite et d’enchaîner plus rapidement la réalisation de nouvelles histoires. Vous appartenez au paysage de la BD depuis plus de 30 ans. Quel regard portez-vous sur son évolution ? En France, nous assistons à une surproduction de BDs. Il y 10 ans, 750 albums arrivaient sur le marché par an. Aujourd’hui, on en dénombre plus de 4000. Or, le nombre de lecteurs n’évoluent pas dans la même proportion. Comme la création est ouverte à tous, ils sont envahis par des albums plus ou moins bons. Les bons auteurs peuvent être noyés dans la masse. Nous assistons également au déferlement des mangas. Actuellement, ils représentent 40% du marché de la BD en France. Or les albums réellement bons de mangas ont d’ores et déjà été publiés. Comme les mangas sont moins chers que les BDs traditionnelles, on propose aux lecteurs des scenarii de moins bonne qualité avec des images moins travaillées. En habituant les lecteurs à ce type de production, il va être de plus en plus difficile de produire un travail de qualité. Celui-ci demande du temps donc un plus gros investissement. Propos recueillis par Sara FREDAIGUE. (www.lepetitjournal.com - Rome) mardi 9 octobre 2007 Regis Loisel était à Rome les 5, 6, 7 octobre dans le cadre de la fête de la BD et de l'animation organisée par le Centre culturel Saint Louis de France. Il a participé dans ce cadre à une séance dédicace à Romics et à l'Aventure. Son oeuvre Peter Pan a fait l'objet d'une adaption par la troupe BDanse qui s'est produit le 6 octobre au teatro India.
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