| Ecrit par Camille VAYSSETTES,
le 24-08-2005 23:00
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Un nouvel accident d’avion causant la mort d'au moins 41 personnes, mardi au Pérou, vient compléter la série noire du mois d’août. Tans, la compagnie nationale péruvienne, avait déjà connu six accidents depuis 1992. Le contrôle mondial des flottes autorisées à transporter des passagers est plus que jamais remis en question
Les secouristes ont récupéré des cadavres souvent complètement mutilés. (Photo : AFP)
Un Boeing 737-200, de la compagnie nationale péruvienne Tans, s’est écrasé mardi après-midi dans la forêt amazonienne du Pérou. Il transportait 92 passagers et six membres d’équipage. 41 cadavres (parfois très mutilés) ont été récupérés par les secouristes péruviens, mais seule une vingtaine d’entre eux ont pour l’instant pu être identifiés. 57 personnes s’en sont donc sorties, mais les médecins craignent que certaines ne survivent pas à leurs très graves brûlures. Entre 15 et 20 étrangers se trouvaient à bord ; au moins un Américain et un Italien seraient décédés.
Le crash s’est produit à proximité de l’aéroport de la ville de Pucallpa, où l’avion devait atterrir en provenance de Lima, la capitale du pays, environ 850km à l’ouest. Il semble que l’appareil ait essuyé un orage particulièrement violent. Le pilote aurait alors opté pour un atterrissage d’urgence dans une zone marécageuse. Les boîtes noires, qui ont été rapidement retrouvées, seront analysées à Lima puis aux Etats-Unis afin d’en apprendre davantage sur les circonstances de cette tragédie.
La compagnie Trans avait, de 1992 jusqu’alors, connu six accidents, qui avait provoqué au total la mort de plus de soixante personnes. Le Boeing qui s’est écrasé mardi était en service depuis 22 ans.
Les Etats responsables de leurs compagnies
Au-delà de cet épisode, c’est bel et bien un mois noir pour le transport aérien de passagers : cinq accidents depuis début août, dont quatre meurtriers et trois en seulement dix jours. Entre Palerme, la Grèce, le Venezuela et maintenant le Pérou, près de 300 personnes ont perdu la vie. Depuis début 2005, on dénombre en tout quelque 600 victimes, soit déjà plus que pour toute l’année 2004 (428 morts).
Tans est une compagnie nationale, ainsi qu’Air France, dont un avion s’est écrasé début août à Toronto, sans faire de victime. Mais Tuninter, Helios et West Caribbean, accidentées ce mois-ci, sont de petites compagnies qui affrètent des vols charters. Ces transporteurs bon marché ont fleuri ces dernières années pour répondre au boum du tourisme moyenne ou longue distance. Les compagnies de cette veine, ou les low cost, affirment rogner sur les prestations et pas sur la sécurité des passagers. Le cassage incessant des prix contribue pourtant à faire douter les consommateurs.
Aujourd'hui, les Etats sont individuellement responsables des critères de contrôle pour les compagnies enregistrées chez eux, ainsi que pour celles voulant survoler leur espace aérien. Il n’y a pas de norme internationale de référence pour lutter contre les effets secondaires de la guerre internationale des tarifs.
Camille VAYSSETTES. (LPJ) 25 août 2005 Lire aussi
Le Matin, Faut-il avoir peur de l’avion ?
Le Monde, L'arrivée sur le marché de petites sociétés aériennes complique le contrôle des Etats
L’Express, Les failles de la sécurité aérienne
TF1, Des avions contrôlés, des consommateurs mal informés Hommage aux victimes martiniquaises
Fort-de-France était en deuil hier pour rendre un dernier hommage au 152 Martiniquais qui ont péri dans le crash du 16 août dernier, au Venezuela. Dans le stade de Dillon, le plus grand de l’île, plus de 30.000 personnes sont venues assister à la cérémonie de solidarité, en présence des Présidents français et vénézuélien, Jacques Chirac et Hugo Chavez. Les dépouilles des victimes sont encore en cours d’identification et aucune n’a encore été rapatriée du Venezuela. (LPJ – 25 août 2005)
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