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Ce week-end, les dernières "closing parties" de l’île d’Ibiza ont fait tomber le rideau sur cinq mois de fête. Jusqu’au printemps prochain, la Belle sera rendue à elle-même et à ses 84.000 résidents permanents
Ce week-end a sonné le glas de la saison des fiestas
"Ça m'a laissé un sacré mal de tête ! C'est incroyable de pouvoir faire la fête sept jours sur sept, 24 heures sur 24. Cela dit, ça reste très m'as-tu-vu et malheureusement trop cher". Mathieu, la trentaine, se souvient de l’île de la fête éternelle. Gueule de bois au retour d’Ibiza ? Virginie, elle, est ravie : "C’est le meilleur endroit que j’ai connu en 15 ans de bringue. Familles et clubbers se côtoient et personne ne regarde l’autre de travers". Pendant un mois, les célèbres "closing parties", ultimes Grands Messes de l’été, se sont succédées à Ibiza. Elles bouclent cinq mois d’un tourisme particulier, celui des clubbers et du monde de la nuit. Aujourd’hui royaume de la sur-consommation et du plaisir roi, Ibiza étale ses vitrines branchées, ses hôtels, ses sex symboles d’un soir et ses noctambules déchaînés. L’île aux deux visages Pour Blanca, inconditionnelle de Formentera, la petite sœur calme et sauvage d’Ibiza, passer de l’une à l’autre revient à plonger dans un "cauchemar, où le son ne s’arrête jamais". Pourtant, sous la déferlante fêtarde, les charmes d’Ibiza ne peuvent passer inaperçus. Criques paradisiaques et ruelles escarpées, forêts de pins et amandiers, ça sent la Méditerranée préservée. En posant le pied sur Ibiza, difficile de ne pas comprendre pourquoi différentes vagues de marginaux y ont trouvé l’Eden. Dans les années 30, les premières formes de tourisme sont apparues avec une population bohème composée d'intellectuels fauchés venus d’Europe. Puis, les années 60 ont vu débarquer la faune bigarrée des hippies dont beaucoup sont restés. Après la mort de Franco, les années 80 ont ouvert des portes nouvelles. C’était la naissance de la musique électronique et celle du mythique Café del Mar. Aujourd’hui babas, fêtards, jet-seteurs et Ibicenques cohabitent le temps d’un été. "Ibiza restera car Ibiza c’est la fête et le sexe, et cela attirera toujours les masses", dixit Michel Houellebecq. Laurence DANTHONY. (www.lepetitjournal.com - Madrid) lundi 8 octobre 2007 |