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La junte birmane a reconnu vendredi l’arrestation de plus de 500 moines bouddhistes. Un jeune bonze récemment libéré décrit les brutalités dont lui et ses compargnons ont été victimes lors de leur détention. Certains soldats auraient exprimé de profonds regrets pour avoir ainsi malmené des religieux La junte birmane a admis vendredi avoir effectué des rafles dans 18 monastères bouddhistes du pays et arrêté 513 bonzes, dont 109 seraient toujours retenus prisonniers et interrogés, lors de la campagne de répression des manifestations contre le régime militaire. Un jeune religieux bouddhiste a raconté hier à l'AFP comment, avec un millier d'autres moines arrêtés, il est resté parqué six jours durant dans un hangar surchauffé et a souffert de brutalités, de faim et de soif. Un matin, les soldats sont arrivés à son monastère bouddhiste, expliquant aux bonzes qu'ils allaient les emmener prendre une collation offerte par l'armée. En arrivant sur un campus, les moines ont été jetés dans un bâtiment surchauffé, sans fenêtre ni toilettes, avant d'être obligés de se dévêtir, puis d'être battus à plusieurs reprises. "Nous avons été forcés de nous agenouiller, la tête vers le sol, comme des prisonniers. Nous sommes restés deux jours comme cela, avant qu'on nous déshabille", témoigne le moine de 18 ans, sous couvert d'anonymat. "Nous avons été battus, plusieurs fois, à coups de poings et de pieds ou avec des bâtons. Puis nous avons été répartis en groupes de 10 et interrogés un par un. Ils voulaient savoir si nous avions participé aux manifestations et qui était le meneur dans notre monastère", confie le moine. Des soldats pleurent après avoir brutalisé les moines A la fin des interrogatoires, les bonzes étaient enfermés par groupes de 60 dans des salles de classe, obligés de s'agenouiller et de faire leurs besoins à même le sol. Selon le jeune moine, des soldats bouddhistes ont avoué avoir eu honte du traitement infligé aux religieux. "Des soldats bouddhistes sont venus s'excuser et implorer notre pardon. Ils nous ont dit que s'ils nous traitaient de la sorte, c'est parce qu'ils en avaient reçu l'ordre de leurs officiers", a raconté le bonze. "Des moines ont alors prédit aux soldats qu'ils iraient en enfer, et certains militaires ont commencé à pleurer, car ils savaient que c'était vrai". Afin d'obtenir la miséricorde, des soldats ont apporté de l'eau aux captifs. Ces derniers jours, plusieurs cas de désertions de militaires écœurés ont été signalés (notre article du 4 octobre). Le jeune bonze a reconnu parmi ses codétenus des moines du monastère de Ngwekyaryan, sévèrement battus par les soldats auxquels ils ont tenté de résister. "Certains étaient grièvement blessés, les paupières fermées à la suite des coups répétés. D'autres étaient blessés à la tête et aux bras. Certains avaient même des fractures ouvertes", a assuré le moine. Les moines ont ensuite été répartis en plusieurs groupes : dans un premier, ceux soupçonnés d'avoir participé aux manifestations, dans un autre ceux accusés d'avoir mené les manifestations, et enfin dans un dernier ceux soupçonnés de les avoir soutenues. Le jeune moine a finalement été libéré en compagnie d'autres bonzes de son monastère, après avoir assuré aux militaires qu'il n'avait jamais manifesté. Les moines bouddhistes, profondément respectés dans le pays, ont mené des manifestations pacifiques en septembre contre l’augmentation abusive du coût de la vie par le régime militaire, rassemblant jusqu’à 100 000 personnes. (www.lepetitjournal.com - Bangkok, avec AFP) lundi 8 octobre 2007 L'armée relâche la pression à Rangoun Hier, la junte a réduit de façon spectaculaire la présence militaire à Rangoun. Les rues de la première ville du pays étaient pratiquement vides. Un millier d'opposants ont par ailleurs été libérés après s'être engagés à ne pas prendre part à d’éventuels nouveaux rassemblements. Toutefois, les liaisons Internet avec le reste du monde étaient toujours coupées tandis que les arrestations se poursuivaient, des témoins ayant rapporté hier que 78 personnes suspectées d'avoir participé aux manifestations avaient été interpellées. Jeudi, la junte avait indiqué à la télévision nationale qu’elle avait fait arrêter 2.083 personnes depuis le 25 septembre. Les militaires affirment que 13 personnes seulement ont été tuées lors de la campagne de répression du mouvement anti-gouvernement, mais selon les pays occidentaux, le bilan serait bien plus élevé. Environs 300 personnes, parmi lesquelles de nombreux étudiants birmans, ont manifesté à Bangkok devant l’ambassade de Birmanie ce week-end pour protester contre la répression sanglante lancée par la junte au pouvoir. Samedi, des rassemblements coordonnés avaient eu lieu dans des villes du monde entier réunissant plusieurs milliers de manifestants à Londres, et des centaines notamment à Paris, Sydney, et Stockholm. |