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ECONOMIE- Haro sur le cartel du ciment |
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lundi 08 octobre 2007 |
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Le ministre du Commerce et de l'Industrie a décidé jeudi dernier de traduire certains producteurs de ciment en justice. Accusation : assoiffer le marché et former des cartels afin d'augmenter les prix 
Le prix de la tonne de ciment est monté jusqu'à 390 LE (photo DR)
Rachid Mohamed Rachid a finalememt choisi la manière forte. Le ministre du Commerce et de l'industrie s'était entretenu à maintes reprises avec les producteurs de ciment ces derniers mois. Ces derniers lui ont promis de ne pas hausser leur prix et de maintenir la stabilité du marché. Promesse brisée. Il apparaît que ces entrepreneurs cachaient une partie de leur production afin de gonfler les prix. Au cours de cette dernière année, le prix de la tonne de ciment a connu des hausses successives allant jusqu'à 390 L.E. La différence de prix entre le marché intérieur et extérieur a poussé les entreprises à s'orienter vers l'international, augmentant d'autant le cours sur le marché local. Rachid a voulu délivrer un message clair aux producteurs. "Un marché libre ne veut pas dire un marché sans contrôle. Tout investisseur doit respecter la loi et accorder la priorité au marché local". Le droit de douane sur les exportations du ciment est ainsi passé de 65 L.E à 85 L.E. Rien à faire, les producteurs ont fait la sourde oreille et n'ont pas cessé leurs manipulations qui ont porté les prix au niveau record de 450 L.E. la tonne. Jeudi dernier, le choc a été immense lorsque Rachid décide de remettre les douze entreprises responsables au procureur général les accusant d'exercer des manœuvres illégales pour augmenter les prix. Quatorze mois d'enquête ont été nécessaires. Une amende minime La peine encourue est une amende allant de 30 000 à 10 millions de L.E. Une amende minime qui selon les experts ne réussira pas à freiner les manoeuvres des entreprises. "Il est vrai que 10 millions est une somme énorme. Mais si on le compare aux profits de ces entreprises, c'est un chiffre médiocre.", assure Gouda Abdel Khaleq, professeur d'économie à l'université du Caire. Les études de l'Organisme de développement industriel ont assuré qu'au bout de cinq années, avec le boom immobilier et la croissance industrielle, le pays aura besoin d'une production supplémentaire de quelques 20 millions de tonnes de ciment. Les études de faisabilité prévoient queles 14 nouvelles usines seront capables de les fournir. "Ces mesures ne sont qu'un début. On peut avoir 100 usines de ciment mais qui exportent toutes à l'extérieur. La crise ne sera pas donc résolue et les prix ne cesseront pas de grimper. On a besoin de tout un mécanisme pour contrôler le marché local et ses acteurs", résume Amr Assal, président de l'organisme du développement industriel. Nevine KAMEL. (www.lepetitjournal.com - Le Caire) lundi 8 octobre 2007 |