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INTERVIEW - François Ozon entre anges et démons |
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vendredi 05 octobre 2007 |
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Après s’être attaqué au deuil dans Le temps qui reste, ou Sous le sable et au couple dans 5x2 ou Huit femmes, François Ozon revient sur les écrans avec un personnage haut en couleur : Angel. Rencontre avec ce cinéaste des blessures humaines
Votre film est basé sur le roman d’Elisabeth Taylor et l’histoire d’Angel, une romancière à succès. Qu’est-ce qui vous a attiré dans le personnage ? J’avais envie de parler d’une femme qui s’échappe du réel. Je trouvais qu’elle ressemblait beaucoup aux femmes d’aujourd’hui. J’y voyais également un parallèle avec le statut de l’artiste. De nos jours, on peut devenir célèbre du jour au lendemain, sans avoir réellement du talent. Angel n’est pas une grande écrivaine mais elle rêve de gloire. Elle veut échapper à la réalité qu’elle juge insuffisante. Son imaginaire et son succès vont lui permettre d’atteindre la gloire. Ils vont également être sa prison.
La ligne directrice du film semble se résumer par une phrase qu’Angel dit à Esmé : "Ce n’est pas affaire de réalité mais de beauté". Est-ce le fil rouge de tous vos films ? Cette phrase résume en effet bien le film. Pour Angel, la réalité est laide. Seul l’imaginaire est synonyme de liberté. Les personnes ont besoin d’illusion pour vivre. Dans Sous le sable, Marie, le personnage interprété par Charlotte Rampling, s’enferme également dans l’imaginaire pour fuir le décès de son mari. C’est le mensonge et les illusions dans lesquelles Angel et Marie croient qui leur permettent d’arriver. Cela les contraint également à s’enfermer dans un monde qui leur est propre.
Angel est un film de costumes où, par moments, vous glissez des décors très cartes postales. Pourquoi ce parti pris ? J’ai en effet glisseé beaucoup d’ironie dans les décors. Tout l’enjeu d’un film est de trouver la bonne distance. Angel est vaniteuse. La montrer dans des décors fastueux avec une musique guimauve permet de donner du recul pour le spectateur. C’est tout le grotesque de son comportement qui transparaît. La mise en scène et le montage sonore permettent de pointer ses faiblesses.
La plupart de vos films sont basés sur des personnages féminins. Pourquoi ? Il m’est plus facile de parler de personnages féminins. Je peux me cacher plus facilement derrière. Cela a été un peu le cas avec le personnage de Charlotte Rampling dans Sous le sable. Je trouve par ailleurs que les actrices sont plus intelligentes. Elles prennent plus de risques dans leur façon de travailler. On peut plus approfondir les personnages. Propos recueillis par Sara Fredaigue (www.lepetitjournal.com - Rome) vendredi 5 octobre 2007
Synopsis d’Angel : Angleterre, 1905. Angel Deverell, jeune écrivain prodige, connaît une ascension fulgurante et réalise ainsi le rêve de toute jeune fille : succès, gloire et amour. Mais n'est-ce pas trop pour une seule femme ? Le film a été sélectionné par le festival du film de Toronto en septembre 2007. Angel sort vendredi 5 octobre dans les salles italiennes. Les horaires et les salles : http://www.mymovies.it/cinema/milano/ |