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GREVES - Un effet boule de neige Suggérer par mail
jeudi 04 octobre 2007

L’année 2007 aura été celle de la manifestation de la colère des ouvriers. Grèves, sit in, protestations : la liste n’en finit pas

L’Egypte fait face cette année à des mouvements sociaux sans précédent. Durant le premier semestre de cette année, plus de 365 protestations dont 100 sit in, 109 grèves, 33 manifestations et 126 rassemblement ont été recensés par le centre Hicham Moubarak, l’Institut d’Awlad el Ard pour les droits de l’homme et le comité coordinatif pour les droits et les libertés syndicales des ouvriers. En 2006, 222 protestations avaient été enregistrées.
Bas salaires, conditions de travail, privatisations : les raisons de la colère ouvrière sont nombreuses. Cette vague a touché le secteur public ainsi que le secteur privé. Le rapport note 262 cas de protestation dans le secteur public et 106 dans le privé. Les pertes d'emplois sont aussi recensées : 74.964 ouvriers ont été mis à la porte, dont 52.917 ouvriers dans le public et 7.713 dans le privé. Un autre chiffre inquiétant : on a dénombré 26 suicides d'ouvriers pendant cette période.

Le textile très touché
Les raisons derrière ce mouvement sont multiples : salaires extrêmement bas, conditions de travail très difficiles, le mécontentement face à des représentants syndicaux qui sont du côté du pouvoir. La poltique de privatisations entreprise par le gouvernement, suivant en cela les "conseils" du FMI (Fonds monétaire international), est aussi à l'origine d'une contestation sociale nouvelle. Depuis 1999, plus de 100 entreprises publiques ont été vendues. L’un des secteurs les plus touchés a été l’industrie textile.
En fait, les grèves ont commencé en 2004 et ont pris de l’ampleur deux ans plus tard. Le mouvement s’est répandu comme une traînée de poudre dans tous les secteurs : le textile, les cimenteries, le transport, le ramassage des ordures, les industries alimentaires, dans des entreprises d'État comme dans le privé.
Cette vague continuera tant qu’il n’y aurait pas un changement radical. L’augmentation des salaires demeure une nécessité ainsi que la modification des relations du travail, notamment parce que la loi ne protège que les entrepreneurs et néglige les droits des ouvriers. Il y a un déséquilibre énorme entre les salaires et les prix des produits de base. Est-t-il possible d'oeuvrer encore selon une loi adoptée en 1958 stipulant que le minimum des salaires reste encore 35 LE (4,50 euros environ) par mois alors que le taux de pauvreté est de deux dollars par jour“, s'interroge Khaled Aly, avocat au centre de Hicham Moubarak.
Ibtessam ZAYED. (www.lepetitjournal.com - Le Caire) jeudi 4 octobre 2007

 
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