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SOCIAL - Mahala à nouveau secouée par les grèves Suggérer par mail
jeudi 04 octobre 2007

La grève des ouvriers de Gazl Al-Mahala et l'accusation de l'état contre les frères musulmans d'en être à l’origine ouvrent à nouveau le débat sur la relation controversée entre politique et mouvement ouvrier

Les grévistes de Mahala (Photo DR)

Les ateliers fermés, des dizaines de tentes plantées dans la cour de l'entreprise, plusieurs milliers d'ouvriers qui scandent des slogans contre l'administration : voilà à quoi ressemblait l'entreprise de textile de Ghazl Al-Mahala la semaine dernière.
Fondée en 1927 par Talaat Harb, le "père de l’économie égyptienne", Ghazl el-Mahala est l'une des entreprises les plus emblématiques d’Egypte. Ses 27.000 ouvriers ont commencé leur sit-in afin de recevoir les primes promises par le gouvernement en vertu d'un compromis qui a mis fin à une première grève en décembre dernier. Ces deux grèves font partie de la vague de protestations ouvrières qui se sont multipliées ces deux dernières années. Avec 222 protestations ouvrières, dont 47 grèves et 79 sit-in, l'année 2006 accuse un bilan jamais vu dans l’histoire du mouvement ouvrier égyptien. "La politique libérale et de privatisation que l'état a adoptée dans les années 90 n’est pas parvenue à résoudre les problèmes chroniques des ouvriers à cause de la corruption et la mauvaise gestion. C’est ce qui les pousse à se révolter aujourd’hui", explique Amr El-Choubaki, chercheur au centre d’études politiques et stratégiques Al-Ahram. Selon Khaled Ali de l’Associaton des Droits et Libertés Syndicaux et ouvriers : “L’atmosphère politique exceptionnelle qui a commencé en 2005 avec l’apparition de Kéfaya et les nombreuses manifestations assez médiatisées de ses activistes a propagé la culture de protestation dans la société égyptienne”.

Un mouvement apolitique
Pourtant, les grévistes de Ghazl Al-Mahala nient toute manipulation politique. “Le gouvernement accuse notre mouvement d’être politisé pour le décrédibiliser. Notre lutte est à cent pourcent ouvrière et n’a rien à voir ni avec les frères musulmans ni avec les socialistes”, se défend Mohammed Al-Attar, leader ouvrier à Mahala. Cette rupture reflète la faillite du discours politique du PND (Parti national démocratique) ainsi que de l’opposition, selon El-Choubaki. “Le régime est arrivé à séparer les ouvriers des partis politiques et à les priver de représentation syndicale. Cela les pousse à mener leur lutte en dehors de toute formation, ce qui pourrait les rendre plus révolutionnaires et radicaliser leurs demandes”, affirme-t-il.
Pour Khaled Ali, les forces politiques devraient adopter les demandes des ouvriers pour gagner la crédibilité qui leur manque pour prendre de l’ampleur. Dans le cas contraire, souligne El-Choubaki, le mouvement ouvrier pourrait faire naître de nouveaux leaders plus crédibles, susceptibles de remplacer les éléphants de la vie politique actuelle.  
Mooaz ZOGAIMY. (www.lepetitjournal.com - Le Caire) jeudi 4 octobre 2007

 
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