| Ecrit par Cambodge,
le 04-10-2007 01:00
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Dans le cadre de la Journée Mondiale de l'Enseignement 2007, co-organisée par Aide et Action et l’Institut National de l’Education (INE), Madame Chap Meng Leang, enseignante et Neang Phalla, directrice de l'école pour enfants aveugles du projet « Scolarisation des enfants sourds et enfants aveugles » d’Aide et Action et de son partenaire Krousar Thmey, témoignent.
Neang Phala, une vie au service des enfants aveugles (crédit: Aide et Action) Au Cambodge, un enfant aveugle a peu de chances d’accéder à une véritable éducation sauf si une bonne fée l’a guidé sur le chemin d’une école spécialisée de Krousar Thmey. Ce sont ainsi quatre institutions qui sont implantées, dans les provinces de Siem Reap, Battambang, Kompong Cham et une en banlieue de Phnom Penh.
Madame Chap Meng Leang, sage cinquantenaire, autrefois enseignante en école publique, travaille depuis quatorze ans à accueillir les nouveaux pensionnaires de l’école pour aveugles de Chba Ampov près de Phnom Penh, issus de familles pauvres. A la veille de cette rentrée, elle prépare son matériel pédagogique en pensant au bonheur de ses élèves, la plus belle des récompenses. « J’aurai beau aller à la pagode gagner des mérites, cela n’égalera jamais celui d’enseigner à ces enfants », glisse-t-elle dans un sourire. « Avant de venir dans notre école, explique la directrice, Neang Phalla, ces enfants sont timides, ils ont peur de tout. Ils sont les laissés-pour-compte de leur famille. Comme ils sont déboussolés, il faut commencer par les mettre en confiance. Puis il faut leur apprendre à être autonomes. Après seulement les professeurs peuvent les instruire. »
Pour les parents, qui n’avaient jamais imaginé leur enfant capable d’aller à l’école, c’est aussi une petite révolution. En moyenne, en l’espace de deux ou trois mois, les enfants franchissent les principales étapes vers l’autonomie. Finis les silences repliés sur soi, oubliés les pleurs des premiers jours ! « Notre responsabilité est beaucoup plus importante que dans les autres écoles, insiste Chap Meng Leang, car nous ne faisons pas qu’enseigner. Quand nous établissons une relation de confiance avec l’enfant, nous ne pouvons pas le laisser tomber. Et les enfants doivent tout apprendre dans le cadre de l’école ».
Les professeurs, en majorité voyants, apprennent beaucoup eux aussi. Ils suivent des cours d’orientation mobile, c’est-à-dire qu’ils sont mis dans la situation de leurs élèves, les yeux bandés. Ils imaginent puis réalisent les outils d’enseignement. Les enfants apprennent par exemple à compter avec des boutons cousus main sur des rectangles de cartons, imitant des chiffres en braille. Ici tout s’illustre par des objets à toucher ou à sentir. Les enfants apprennent également à lire et à écrire en braille. Patiemment. Les besoins matériels sont évidemment plus importants que dans une école publique mais les professeurs ont soin d’économiser leurs moyens, sans se départir d’une certaine exigence. Leur implication - corps et âme - a porté ses fruits puisque l’école affiche un taux de réussite au bac de 100%, que les jeunes diplômés viennent prendre le relais de leurs anciens professeurs et que les plus petits qui réintègrent le système scolaire public comptent parmi les plus brillants élèves. Aide et Action (www.lepetitjournal.com - Cambodge) jeudi 4 octobre 2007 Pour soutenir les projets de Aide et Action, contacter leur bureau régional au Cambodge à l’adresse info@aea-sea.org. Vous pouvez également vous rendre sur le site www.aea-sea.org.
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