| Ecrit par Herve HEYRAUD,
le 22-08-2005 23:01
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Le processus de privatisation des sociétés d'autoroutes françaises est entré hier dans une phase décisive, avec le dépôt au ministère de l’Economie de 18 offres de reprise. A gauche comme à droite, les critiques sur le sujet contre le gouvernement se multiplient
Malgré le flot des critiques, le gouvernement entend passer à la caisse sur le dossier des autoroutes (photo AFP)
18 investisseurs français et étrangers se sont portés candidats, hier, à la reprise des trois sociétés d'autoroutes françaises mises en vente par l'Etat, dans le cadre du processus de privatisation initié par le gouvernement de Dominique de Villepin. Un nombre jugé "élevé", selon le ministère de l’Economie.
Les candidats intéressés par la reprise de l’une des trois sociétés concernées (Autoroutes du Sud de la France, Autoroutes Paris-Rhin-Rhône et la Société des Autoroutes du Nord et de l'Est de la France) avaient jusqu'à 18 heures pour déposer leur candidature. Le gouvernement n'a donné aucune précision sur l’identité des candidats, ni sur le montant de leurs offres.
Jusqu'à présent, au moins deux groupes français (Vinci et Eiffage), quatre groupes espagnols (Abertis, Cintra, Itinere et Fomento de Construcciones y Contratas), un groupe italien (Autostrade) et un fonds d'investissement australien (Macquarie Infrastructure Group) étaient donnés partants, le processus de privatisation des trois sociétés françaises ayant suscité des convoitises bien au-delà de l’Hexagone.
Des autoroutes avec un accent français
L'Etat, qui espère récupérer dix milliards d’euros grâce à la cession des trois sociétés dont il est l’actionnaire majoritaire, va désormais analyser les différents dossiers et demander aux candidats de formuler des offres fermes. A l’issue de cette seconde étape, il opèrera sa propre sélection, dans le cadre d'un processus qui s'achèvera à l'automne.
Sur le plan politique, la privatisation des sociétés d'autoroutes a continué, hier, d’alimenter le feu des critiques. A gauche, le PS a reproché au gouvernement de "brader le patrimoine de l'Etat", tandis que François Bayrou accusait Dominique de Villepin de chercher de "l'argent de poche" pour tenir jusqu'à la présidentielle de 2007.
Au sein même de l’UMP, plusieurs voix se sont élevées pour critiquer le projet de privatisation, dont celle de Roselyne Bachelot et du souverainiste Nicolas Dupont-Aignan. Plusieurs députés ont par ailleurs fait part de leur hostilité à une reprise des sociétés françaises par un groupe étranger. "Il faut que les tours de table aient un accent le plus français possible", a déclaré le député de la Drôme Hervé Mariton…
Valentin BONTEMPS. (LPJ) 23 août 2005
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