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THEATRE - "Bérénice", pour la première fois sur les planches argentines |
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jeudi 27 septembre 2007 |
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Il aime Marguerite Duras, qui aimait Jean Racine. Le jeune et talentueux metteur en scène Silvio Lang présentera, tous les dimanches à partir du 30 septembre prochain au théâtre Payró, l’une des œuvres magistrales du tragédien français, Bérénice
 Silvio Lang devant le théâtre Payró (Photo AFP)
Huit mois de répétition ont été nécessaires pour mettre en place Bérénice, une pièce qui n’avait jamais été jouée en Argentine. Rencontre avec Silvio Lang, son jeune metteur en scène
Comment êtes-vous arrivé au texte de Jean Racine ? Bérénice est l’œuvre préférée de Marguerite Duras. Son obsession était de monter cette pièce et j’ai suivi le désir de cet écrivain que j’admire (NDRL : Silvio Lang a, en 2004, mis en scène la pièce La Musica de Duras, dans le cadre du festival Tintas Frescas). Il n’y a pas réellement de tradition des classiques du théâtre français en Argentine. D’après moi, seul Phèdre a été présenté dans les années 80. Ainsi, nous avions peu de référence sur "comment on monte Racine ici". J’ai pu me procurer une vidéo d’une mise en scène de Chéreau et une version montée en Pologne qui m’ont donné des pistes à éviter ou à suivre.
Pourquoi avez-vous tenu à être associé au travail de traduction du texte ? Je connaissais la version de Bérénice grâce à la traduction de Rosa Chacel. Mais chaque époque doit disposer de sa traduction. Avec Walter Romero, professeur de littérature française à l’université de Buenos Aires, nous nous sommes basés sur le texte écrit au 17e siècle. Je voulais, pour ma part, approfondir le sens des mots, le sens des vers, assister à la recréation du texte. Depuis plus d’une vingtaine d’années, le théâtre s’évertue à mépriser le texte, à snober les mots. Cette tendance, qui règne sur les planches, est un reflet de ce qu'il se passe dans notre société. Proposer Bérénice aujourd’hui est complètement démodé, à contre-courant d’une société de zapping qui appauvrit les mots.
Sur quel type de mise en scène vous êtes vous appuyés pour réussir Bérénice ? Pour Racine, la passion ne se révèle pas dans les actes mais dans le discours. Ainsi, la pièce est une succession de séquences où les personnages dialoguent seuls ou entre eux. La mise en scène repose donc sur l’interprétation du texte par les acteurs et la compréhension intime des dialogues de l’auteur. Or celles-ci obligent l’acteur à enchaîner plusieurs sensations, plusieurs sentiments pour donner un sens au texte. C’est un exercice extrêmement difficile. D’où l’importance de l'exercice de compréhension du texte. Il faut soigner les mots aujourd’hui car les mots sont maltraités. Je me suis proposé de monter une pièce où la véritable star, c’est le verbe... Propos recueillis par Caroline BEHAGUE. (www.lepetitjournal.com Buenos Aires) jeudi 27 septembre 2007 |