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La semaine dernière, l’Ambassade a inauguré DeMon, nouveau pôle de création franco-espagnol. Un projet ambitieux, sur lequel le service culturel et l’Institut Français de Madrid ont travaillé main dans la main pendant près d’un an. Jeudi soir, pour le lancement, la surprise était au rendez-vous
Le service culturel de l’Ambassade de France a prouvé qu’il pouvait faire renaître les forces vives et donner un nouveau souffle aux relations franco-espagnoles. DeMon, le pôle de création artistique créé et imaginé par l’Ambassade a été inauguré en grandes pompes jeudi transformant le patio de l’Institut Français et les locaux de l’Ambassade en un vaste terrain de jeu pour les artistes et le public. DeMon, c’est le "monde" à l’envers, un concept de soutien à la création franco-espagnole. Pour Steve Stuart, scénographe français dont l’installation visuelle et sonore a accueilli le public pour le lancement, "on vit dans un monde chaotique, donc pourquoi ne pas inverser les choses et inventer un monde plus harmonieux?". DeMon sera un laboratoire, où artistes français et espagnols pourront trouver un espace de liberté et profiter d’un large réseau de distribution.
Rallier stars et énergies Lors de la conférence de presse, Bruno Delaye, Ambassadeur de France en Espagne, a salué "le foisonnement d’initiatives, de libertés et l’originalité extraordinaire" du contexte madrilène. Il a insisté sur deux axes soutenant DeMon -l’innovation et la coopération franco-espagnole : "Nous ne voulons pas proposer une offre [culturelle] franco-française. Nous souhaitons réunir les énergies au service de l’innovation et de l’Europe". D'ailleurs, DeMon regorge d'énergies ; l’équipe a su s’entourer. Pour parrains, rien de moins que l’actrice Carmen Maura et Ariel Goldenberg*. Pour le lancement, une chorégraphie de Catherine Diverrés, directrice du Centre Chorégraphique National de Rennes. En novembre, Agnès Jaoui animera un atelier de cinéma à la Casa Encendida. Ce programme ambitieux s’étoffera tout au long de l’année. La force de DeMon est aussi et surtout d’avoir réuni sous la bannière de la coopération tous les acteurs de la relation franco-espagnole.
Une nouvelle ère Jeudi soir, les propositions artistiques ont pu surprendre. Le spectacle de Catherine Diverrés tout d’abord : une chorégraphie grinçante, des corps secoués, malmenés, sur fond de musique contemporaine improvisée. Suivait la performance du metteur en scène hispano-argentin Rodrigo García, un brin provocante, à l’image de l’œuvre de cet artiste sans concession. Enfin, le décor original de Philippe Bouler et l’installation visuelle et sonore de Steve Stuart et Juan Carlos Blancas ont transfiguré les bâtiments conjoints de l’Ambassade et de l’Institut. "Nous voulions surprendre pour le lancement. Nous avons volontairement choisi ces propositions risquées afin de symboliser la nouveauté" souligne Antonin Baudry, Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle, à l’initiative du projet. Des créations plus accessibles suivront mais nous voulions donner le ton d’une nouvelle ère". Un vent nouveau souffle sur les relations culturelles franco-espagnoles. L’année 2007-2008 s’annonce pleine de promesses… Laurence DANTHONY (www.lepetitjournal.com Madrid) lundi 1er octobre 2007
* directeur du Théâtre National de Chaillot et du Festival de Otoño |