| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 28-09-2007 00:00
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Aung San Suu Kyi est la principale opposante au pouvoir dictatorial qui soumet la Birmanie depuis 1962. Prix Nobel de la Paix en 1991, l'icone de la démocratie paie son engagement par un enfermement sans fin
Aung San Suu Kyi (photo AFP)
Aung San Suu Kyi, la figure de l’opposition pro démocratique, est retenue en résidence surveillée depuis 2003 par le régime militaire qui contrôle la Birmanie. Elle avait pu sortir samedi dernier sur le seuil de sa maison pour saluer les bonzes qui mènent les manifestations contre le pouvoir. Depuis, la sécurité a été renforcée devant chez elle à Rangoun, et nul manifestant n’a pu l’approcher à nouveau. Les doutes sur le sort de la Prix Nobel de la Paix (1991) se font jour. D’après son cousin Sein Win, le Premier ministre birman en exil, elle aurait été envoyée à la prison d’Insein depuis dimanche, juste après le passage des moines devant sa maison. Le dispositif de surveillance toujours très important devant son domicile à Rangoun laisserait pourtant à penser qu’elle s’y trouve toujours. La junte militaire, au pouvoir depuis 45 ans, a tout intérêt à priver Suu Kyi de la possibilité de s’exprimer. En 1990, elle avait largement remporté les élections législatives avec la Ligue nationale pour la démocratie (LND). Le LND avait enlevé plus de 80% des sièges au Parlement malgré l’enfermement en prison de Suu Kyi dès 1989. Seulement les généraux au pouvoir avaient rejeté les résultats, renforçant le contrôle de l’Etat, les répressions et les persécutions envers les minorités ethniques et l’opposition. La "Dame" de paix Aung San Suu Kyi, 62 ans, est la fille du leader de la libération le général Aung San. Assassiné en 1947, il a négocié la même année l’indépendance de la Birmanie avec les Anglais. Grâce à une mère diplomate, Suu Kyi est élevée entre l’Inde et la Grande-Bretagne, s’imprégnant des idées et de la philosophie de son modèle : le Mahatma Gandhi. En 1988, alors que le dictateur Ne Win décède, les généraux prennent le pouvoir prétextant la nécessité d’imposer un ordre militaire. C’est là que Suu Kyi cofonde la LND et scelle son dramatique destin avec la première grande répression qui l'envoie en prison. Adulée par le peuple, celle qui devrait diriger la Birmanie - rebaptisé Myanmar par les généraux - a passé 12 des 18 dernières années enfermée. Icône de la démocratie, elle refusera l'exil en 1999, se privant de rejoindre son mari mourant en Grande-Bretagne après trois ans d'absence. Les nombreux soutiens à travers le monde n’ont jamais permis d'améliorer sa situation. En mai 2002, au terme de négociations entre la junte et l’ONU, elle goûtera un an à la liberté. Mais, lors d'une de ses populaires tournées politiques en province, sa caravane est attaquée par des paramilitaires payés par le pouvoir. Suu Kyi est alors capturée puis renvoyée en prison. Ses pleurs, lors de sa sortie la semaine dernière pour soutenir les moines bouddhistes, traduisent bien le blocage de la situation en Birmanie, malgré l’immense courage dont elle fait preuve depuis le début de son combat pour la démocratie. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) vendredi 28 septembre 2007
En savoir plus Aung San Suu Kyi sur l'encyclopédie wikipédia Le Monde - Birmanie : arrestations de bonzes et premiers morst à Rangoun
Violentes répressions à Rangoun Malgré les interdictions, ils étaient encore près de 10.000 à manifester hier dans le centre ville de Rangoun. Mais les moines bouddhistes et leurs partisans, qui protestent contre la hausse brutale des prix du carburant, ont été brutalement repoussés par les militaires. La junte a reconnu la mort d’un bonze lors des affrontements, mais des témoins parlaient en fin de journée de 3 décès dans les rangs des religieux. Plusieurs monastères considérés comme les centres de la révolte ont été attaqués par les forces de l’ordre. Comme contre la foule des manifestants, les militaires ont fait usage de matraques, de cannes en bambou et de gaz lacrymogène. Des coups de feu ont également été tirés. A la suite des assauts des soldats sur les monastères, au moins 70 moines bouddhistes ont été arrêtés. La situation inquiète fortement la Communauté internationale qui en appelle pour l’instant à la retenue… La France et les Etats-Unis ont signé une déclaration pour demander que des sanctions soient prises à l’encontre des dirigeants birmans. La Grande-Bretagne y est également favorable, mais la Russie est contre, privant le Conseil de sécurité de l’ONU de la majorité nécessaire pour appliquer de telles mesures. N.M. (www.lepetitjournal.com) vendredi 28 septembre 2007
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