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JUSTICE - La DNA sur tous les fronts Version imprimable Suggérer par mail
jeudi 27 septembre 2007
Après le ministre de la Justice Tudor Chiuariu et l’ancien ministre des Télécommunications Zsvolt Nagy, c’est le ministre du Travail Paul Pacuraru qui a été récemment accusé de corruption par la Direction nationale anti-corruption (DNA). Les enquêtes s’enchaînent et ne semblent pas prêtes de s’arrêter

Le procureur chef de la Direction nationale anti-corruption Daniel Morar
(Photo realitatea.net)


“Six partout” titre la presse roumaine entre le gouvernement de l’actuel Premier ministre Calin Popescu Tariceanu et celui de son prédécesseur Adrian Nastase. Ce score, peu glorieux, se réfère au nombre d’enquêtes pour corruption qui touchent anciens et nouveaux ministres. L’ex-Premier ministre du Parti Social Démocrate (PSD) Adrian Nastase est lui-même poursuivi dans trois affaires de corruption et de trafic d’influence. Quant à l’actuel ministre de la Justice Tudor Chiuariu, il ne sait plus comment faire pour se débarrasser de la DNA (1) et de son procureur chef, Daniel Morar, allant jusqu’à affirmer que l’audit interne sur la stratégie anti-corruption entre 2001 et 2004 a été truqué au profit de Morar.
Une situation qui dérange le président Traian Basescu. Lors de la réunion mardi du Conseil suprême de défense du pays (CSAT), il a affirmé que “l’attitude de Chiuariu (desservait) le gouvernement et la justice”. Au printemps, Tudor Chiuariu avait déjà voulu révoquer le procureur Doru Tulus de la section II de la DNA qui travaille avec Daniel Morar sur plusieurs cas de corruption concernant des hauts responsables de partis politiques, tels que Dan Voiculescu (Parti Conservateur) ou Marko Bela (Parti de la minorité magyare, UDMR).

La DNA liée à la présidence ?
“Il est étrange que jusqu’à présent aucun ministre du Parti Démocrate (PD), proche du président Traian Basescu, n’ait été enquêté par la DNA, estime le politologue Cristian Pîrvulescu. Mais on ne peut pas en déduire pour autant qu’il y a un lien politique entre la DNA et la présidence du pays". Daniel Morar jouit par ailleurs d’une réputation d’homme intègre, et l’enquête qu’il mène sur le ministre de la Justice a plus d’un an. Concernant le ministre du Travail, Morar a assuré récemment sur la chaîne RealitateaTV que la DNA le suivait depuis déjà deux-trois mois.
Par ailleurs, s’il demande à chaque fois l’avis du président Traian Basescu avant d’engager des poursuites contre un responsable politique, c’est bien parce que la Constitution l’exige. Ce qui n’empêche pas de nombreux parlementaires de fustiger les actions dites “totalitaires” ou “sécuristes” de la DNA. Peut-être aussi parce qu’ils ont quelque chose à se reprocher. A noter que l’un des leaders du PD, le maire de Bucarest Adrian Videanu, serait également suivi de près par la DNA à cause d’une affaire louche de vente de terrains à Baneasa. Mais selon des sources proches de la présidence, Videanu ne serait de toute façon plus dans les bonnes grâces de Traian Basescu. Quoi qu’il en soit, et comme le souligne un expert juridique qui a préféré garder l’anonymat, “on peut spéculer, mais tant qu’on ne connait pas les dossiers…” 
L.C. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) jeudi 27 septembre 2007

(1) La Direction nationale anti-corruption (DNA) fait partie du ministère public et dépend du procureur général de Roumanie, Laura Codruta Kovesi. Techniquement, le procureur général dirige la DNA par l’entremise du procureur chef de la DNA, Daniel Morar. La DNA a un budget spécifique qui est séparé du budget du procureur. Quand Morar a été nommé à la tête de la DNA (alors dénommé Parquet national anti-corruption) en août 2005, ce fut à la suite d'une sélection effectuée par la ministre de la Justice de l’époque, Monica Macovei, qui a ensuite soumis son nom à l’approbation du président Traian Basescu.
 
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