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La transmission des terres dans la communauté afro-descendante est une problématique à la une des journaux actuellement. Le sentiment de dette de l´Etat brésilien envers les communautés d´afro-descendants intervient dans ce processus complexe et tendu Manifestation devant l’Incra à Brasilia en juillet – Photo Marcello Casal JR/ABr
Comme dans beaucoup de familles, l’héritage des terres au Brésil soulève des drames et de l’animosité entre les communautés. Les quilombos ou "terres des noirs" correspondent aux terres héritées, au début de la seconde moitié du XVIIIe siècle, par des communautés noires. Cet héritage provient de donations de terres, faites par d´anciens "maîtres" ou ordres religieux à d´anciens "esclaves". Ces terres sont parfois aussi l’héritage d’"esclaves affranchis", qui les ont obtenues en échange de services rendus en temps de guerre. Le droit des quilombos a été reconnu pour la première fois par la Constitution de 1988. Toutefois, il aura fallu attendre 7 ans après la reconnaissance de la garantie du droit à la propriété des terres pour que le Gouvernement Fédéral, au travers de l´Institut National de Colonisation et de Réforme Agraire, Incra, octroye, en novembre 1995, le premier titre de propriété à une communauté quilombo. En 1995, l´Incra a également édicté sa première norme relative aux critères de détermination, de reconnaissance et de régularisation des titres de propriétés. Il en a découlé de très nombreuses expropriations qui ont conduit au vote d’un décret en 2001, restreignant la portée de la norme précédente. Cette restriction a là aussi porté préjudice à nombre de communautés. Par la suite, les régularisations et émissions de titres de propriété ont été paralysées.
L’ère Lula Répondant aux revendications des quilombos, le gouvernement Lula a adopté en 2003 une nouvelle réglementation qui détermine les conditions du processus d´identification, de reconnaissance, de délimitation, de démarcation, d´expropriation, de titularisation et d´enregistrement des terres occupées par des descendants de communautés quilombos et mis en exergue le polémique critère d´autodétermination. Désormais, conformément à l´art. 2e du Decret n°4.887 du 20 novembre 2003, toute personne peut s´auto-proclamer descendant de communautés quilombos et revendiquer des terres. Cette auto-proclamation sème le trouble dans l´ordre juridique et économique. Economiquement et socialement, on peut y voir les prémices de disputes insolubles pour la possession légale de la terre. Historiquement, on peut y voir, une réalité qui exprime le grand sentiment de dette de l´Etat brésilien envers les populations d´afro-descendants qui font partie d´un groupe racial inséré dans une société pluriéthnique mais inégale. Anne-Sophie Van Keer (www.lepetitjournal.com – São Paulo) mercredi 26 septembre 2007 |