| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 26-09-2007 00:00
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100.000 personnes se sont jointes aux moines bouddhistes pour défiler dans les rues de Rangoon hier. La junte militaire au pouvoir perd patience et menace de prendre des mesures répressives Des manifestations pacifiques qui inquiètent de plus en plus la junte militaire (photo AFP)
30.000 moines bouddhistes défilaient hier encore dans le centre de Rangoon. Marchant à travers l'ancienne capitale birmane, ils ont été rejoints par 100.000 personnes, formant ainsi la plus importante vague de protestation depuis 20 ans. Acclamés par la foule massée en bord de route, les manifestants protestent depuis un mois contre l’augmentation massive du prix des carburants en Birmanie. Mais la colère va à présent bien au-delà de ce problème. On pouvait lire sur des pancartes brandies par certains bonzes : "Suffisance en nourriture, en vêtement et en abri, réconciliation nationale, liberté pour tous les prisonniers politiques". Les bonzes ont décidé semble-t-il d’aller jusqu’au bout. Des manifestations ont eu lieu dans d’autres villes du pays : à Mandalay (deuxième ville du pays) et à Mogok où des centaines de moines conduisaient des rassemblements, et à Taunggok, une ville côtière au nord-ouest de Rangoon dans laquelle 40.000 bonzes et civils ont bravé les interdits. Mais, la junte militaire, au pouvoir depuis 45 ans, se fait de plus en plus menaçante. Les généraux ont diffusé des appels au calme par le biais de haut-parleurs placés dans les rues. De leur côté, les autorités religieuses ont appelé les moines à ne pas s’impliquer dans le conflit... sur ordre du pouvoir. Le régime a interdit les réunions de plus de 5 personnes dans les lieux publics et imposé un couvre-feu la nuit. Il a prévenu que "des mesures seront prises contre ceux qui contreviennent à cet ordre".
La communauté internationale s’en mêle Hier, des camions militaires se sont déployés dans le quartier de la mairie de Rangoon, mais les soldats sont restés à l’intérieur de leurs véhicules. Les rebelles de l’Union nationale Karen, en lutte contre le pouvoir depuis 1949, ont fait état du déplacement de troupes militaires en direction de la principale ville du pays. Il s’agirait de la 22ème division, qui avait déjà été en charge de la répression sanglante du soulèvement en faveur de la démocratie en 1988, pendant lequel près de 3.000 personnes avaient trouvé la mort. La communauté internationale s’inquiète donc de plus en plus de la tournure que prennent les évènements. L’Union européenne a appelé la junte militaire à faire preuve de retenue, tandis que la Chine, principal partenaire économique de la Birmanie, souhaitait "stabilité et développement économique" pour le pays. Plus virulent, le Président américain George W. Bush a annoncé à l’ONU des sanctions économiques à l’encontre de personnalités politiques birmanes. Hier, les manifestants ont fini par se disperser en fin de journée. Mais les évènements risquent de s’envenimer : Aung San Suu Kyi, figure du mouvement démocratique birman et prix Nobel de la paix, aurait été mise en prison alors qu’elle est assignée en résidence surveillée depuis 2003. La police a démenti, mais la sécurité a été renforcée autour de sa demeure depuis le week end dernier. Son parti, la Ligue pour la démocratie s’est tout logiquement joint aux manifestants. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) mercredi 26 septembre 2007
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