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Dans les pages internationales des quotidiens espagnols, la France tient le haut du pavé. Une question récurrente intéresse l’ensemble de la presse nationale : Nicolas Sarkozy arrivera-t-il à faire passer ses réformes dans un "pays en crise"?
Nicolas Sarkozy sur tous les fronts (Photo LPJ)
"L’état social est au bord du malaise financier" pouvait-on lire le 19 septembre dans le quotidien ABC. Dans la ligne de mire du journal, "l’orgie de concessions sociales" accordées durant les deux mandats de François Mitterrand. Un passif dénoncé dans un article intitulé L’héritage socialiste. El País du 20 septembre, quant à lui, montre du doigt l’organisation de l’État français, héritier d’un autre temps, "celui de Jean-Baptiste Colbert et du cardinal Mazarin". La presse ibérique s’étonne du nombre de fonctionnaires* et du poids de l’Administration dans les dépenses publiques**. Nicolas Sarkozy apparaît dès lors comme l’homme providentiel pour réformer la société française.
Sous le charme de Sarko Les termes "évolution culturelle" et "nouveau contrat social" reviennent en boucle. El País souligne "le rythme vertigineux donné à son action politique", qualifiant Sarkozy d’homme politique "hyperactif". Dans les colonnes d’El Mundo, l’engouement devient admiration. Suite à l’allocution du chef de l’état jeudi dernier, le journal le définissait comme "excellent orateur" et "télégénique". El País, pour sa part saluait sa "pédagogie".
Ça passe ou ça casse Mais l’homme ne peut être détaché du défi qui l’attend, à savoir les réformes profondes de la société française. De ce côté des Pyrénées, il s’agit de l’heure de vérité pour Nicolas Sarkozy. Dans son édito du 20 septembre, Lluís Bassents, journaliste à El País, rappelait le pouvoir des syndicats en France, "capables de faire tomber des gouvernements". Pour l’éditorialiste, Sarkozy aurait opté pour la technique du "bombardement jusqu’à saturation", ne laissant aucune chance à la riposte. Mais le vent peut tourner, le pari des réformes reste audacieux et risqué. De son côté, ABC se veut plus optimiste et salue "la leçon de Sarkozy" que, selon lui, l’Espagne serait bien inspirée de suivre. Arnaud BOULARAND. (www.lepetitjournal.com Madrid) mercredi 26 septembre 2007
* 5,2 millions ** 44% du budget de l’État
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