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L’évacuation forcée des colons hostiles au retrait israélien de la bande de Gaza a commencé hier, dans un climat tendu. Violence verbale, affrontements physiques et scènes de déchirement ont marqué l’ensemble de la journée, endeuillée par la mort de trois Palestiniens
Les colons récalcitrants sont mis à la porte par des militaires israéliens. (Photo : AFP)
Quelques heures seulement après l’expiration de l’ultimatum fixé aux colons par le gouvernement, Tsahal, l'armée israélienne, a procédé hier à l'évacuation forcée des colonies de la bande de Gaza. Au milieu de scènes d’hystérie, trois Palestiniens ont trouvé la mort et plusieurs personnes ont été blessées.
Les habitants israéliens des 21 implantations juives de Gaza avaient jusqu'à mardi soir minuit pour quitter volontairement les lieux, sous peine de perdre une partie des indemnisations auxquelles elles ont droit. Parmi les 8.000 colons vivant sur le territoire, la moitié seulement avait accepté de partir dans les délais prévus. Tôt le matin, plusieurs centaines de policiers et de soldats se sont déployées dans la bande de Gaza, entamant l’évacuation des colonies de Tel Katifa, Ganei Tal, Morag et Neve Dekalim, la « capitale » des colons.
Les policiers et les soldats ont été accueillis par des barrages sommaires composés de poubelles et de pneus en feu. Ils ont été violemment pris à partie par des enfants, des religieux et des femmes âgées, épaulés par des sympathisants venus en renfort, ces derniers jours, dans les implantations.
Scènes de détresse en série
Mal à l’aise, les militaires ont emmené les colons réfractaires vers les bus chargés de les conduire hors de la bande de Gaza, allant jusqu’à employer la force lorsque nécessaire. Tsahal s'attend à ce que l'opération dure environ une semaine.
Outre la mort de trois ouvriers palestiniens, tués de sang froid par un colon israélien, plusieurs incidents ont ponctué la journée. Devant un poste de police, à l’entrée de Gaza, une habitante de Cisjordanie a été grièvement brûlée après s'être immolée par le feu pour protester contre le retrait en cours. Dans la colonie de Morag, une soldate a été légèrement blessée, poignardée par une habitante.
A la vue des images des colons quittant le territoire palestinien, Ariel Sharon, à l’origine du plan de désengagement, s’est dit « ému aux larmes ». Toutefois, le Premier ministre a réaffirmé, par la même occasion, que la colonisation en Cisjordanie occupée allait, de son côté, « se poursuivre et se développer » après le retrait de la bande de Gaza.
Valentin BONTEMPS. (LPJ) 18 août 2005 France 3 se mobilise pour retrouver Mohamed Ouathi
La chaîne publique France 3 poursuivait hier sa mobilisation pour la libération de son preneur de son Mohamed Ouathi. Il a été enlevé dimanche à Gaza par trois hommes armés agissant à visage découvert, qui l’ont contraint à monter à bord de leur voiture. Un site internet pour recueillir les messages de solidarité a été créé, accessible depuis le site de France 3 et celui de Reporters sans frontières. « Paris est en contact permanent avec les autorités palestiniennes, qui sont entièrement mobilisées », a souligné de son côté le ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy. (LPJ – 18 août 2005)
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