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Environ 10.000 moines bouddhistes, soutenus par un nombre au moins équivalent de civils, ont manifesté hier à Rangoun contre la junte. Après cinq semaines de manifestations dans tout le pays, ce nouveau rassemblement, le plus important, accentue la pression sur les généraux au pouvoir 20.000 personnes dont 10.000 moines bouddhistes ont manifesté contre la junte birmane hier à Rangoun. Il s'agit du plus important défilé depuis le début d'un mouvement de protestation contre la vie chère, déclenché il y a cinq semaines par des opposants politiques. Les bonzes ont marché pour la sixième journée consécutive. Les manifestants étaient partis de la célèbre pagode Shwedagon, complexe de temples qui est aussi l'une des principales attractions touristiques de Birmanie. Leur nombre a nettement augmenté lorsqu'ils ont atteint, une heure plus tard, la pagode de Sule, dans le centre-ville, selon des témoins. Pour la première fois, des bonzes qui dirigeaient la manifestation ont appelé la population à se joindre à eux. "Nous marchons pour le peuple", ont-ils scandé, ajoutant : "nous voulons que la population se joigne à nous". Quelque 200 personnes formaient une chaîne humaine devant des rangées de moines qui étaient eux-mêmes suivis par un grand nombre de civils, ont précisé des témoins. Des badauds se pressaient sur les trottoirs et applaudissaient, offrant de l'eau, des fleurs et même du baume pour apaiser les douleurs aux pieds ressenties par certains bonzes qui marchaient pieds nus. "Nous voulons la réconciliation nationale, le dialogue avec les militaires et la liberté pour (l'opposante) Aung San Sun Kyi et les autres prisonniers politiques", a lancé un des dirigeants de la manifestation, qui utilisait un mégaphone. Après chaque slogan, la foule levait les mains en l'air et criait: "Notre Dieu". Les larmes d'Aung San Suu Kyi Après la pagode Sule, les manifestants se sont rassemblés sur une place proche où se trouve la municipalité de Rangoun. Ensuite, la foule s'est séparée en plusieurs groupes, ont indiqué des témoins, précisant que d'autres moines semblaient manifester ailleurs dans la ville. Aucun incident n'avait été signalé à 17h00 locales (10H30 GMT). Des policiers armés ont néanmoins bloqué un groupe composé d'environ 120 moines et de 100 civils plus de 200 personnes qui cherchaient à pénétrer sur l'avenue menant à la maison de l'opposante Aung San Suu Kyi , assignée à résidence depuis 2003, ont indiqué des témoins. Fait exceptionnel, samedi, les autorités, sous pression, avaient laissé environ 2.000 bonzes et civils passer devant la maison où l'opposante Aung San Suu Kyi a été confinée pendant la majeure partie des 18 dernières années. Mme Suu Kyi, 62 ans, assignée à résidence depuis 2003, était alors brièvement sortie, les larmes aux yeux, pour saluer respectueusement les moines. De jeunes bonzes sont désormais à l'avant-garde du mouvement de protestation déclenché le 19 août par des opposants en Birmanie après l'augmentation massive des prix des carburants et des transports en commun, qui affecte durement la population de ce pays pauvre d'Asie du Sud-Est. D'autres manifestations ont été signalées dimanche en Birmanie, notamment à Magwe et à Mandalay, la deuxième ville de Birmanie, qui compte de nombreux monastères et centres d'éducation religieuse, selon des habitants. avec l'Agence France Presse (www.lepetitjournal.com Bangkok) lundi 24 septembre 2007
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