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En mai 2006, l’Espagne révisait la copie de son système éducatif. La Loi Organique de l’Éducation (LOE) était née, mais non sans douleur. Les premières modifications engendrées par la LOE prennent effet depuis cette rentrée 2007. La polémique, elle, n’a pas désenflé Photo LPJ
Échec scolaire, abandon précoce des salles de classe, l’école espagnole souffre les symptômes d’un système éducatif vétuste. Pour y remédier, le gouvernement de José Luis Zapatero avait proposé la LOE. Votée le 3 mai 2006, la nouvelle loi avait dû essuyer les foudres d’un PP unanimement frondeur, et la levée de boucliers des franges conservatrices de la société civile. Principale accusée, la nouvelle matière intitulée "Éducation Citoyenne et Droits de l’Homme", qui vient empiéter sur l’enseignement de la religion catholique, ou son alternative laïque "Histoire des religions". Ses pourfendeurs* l’accusent d’être un instrument "fasciste" — selon les dirigeants du PP— ou un "catéchisme socialiste" d’après le Cardinal Cañiziares de la Conférence Episcopale. De leur côté, plusieurs associations appellent à la "désobéissance civile" par le boycott, et plusieurs manifestations sont prévues en octobre. Tous s’appuient sur le droit constitutionnel qui garantit aux parents le choix de la formation morale de leurs enfants.
Tableau noir Tandis que la polémique gonfle, les autres changements induits par la LOE passent inaperçus**. La réforme de son éducation nationale n’est pourtant pas un luxe pour l’Espagne. Un rapport de l’UNESCO***, dont l’étude s’échelonne sur ces dix dernières années, la classait 26ème mondiale. Cancre de l’Union Européenne, l’Espagne semble néanmoins faire preuve de bonne volonté pour moderniser son système éducatif. D’un peu trop sans doute! En huit ans, ce ne sont pas moins de trois révisions qui se sont succédées. Loin d’être victime d’un zèle particulier, l’école pâtit des guerres politiciennes, subissant réforme sur contre-réforme au gré des législatures. Le PP a d’ailleurs annoncé l’abrogation sans appel de la LOE, en cas de victoire en mars prochain... Caroline RODRIGUEZ. (www.lepetitjournal.com- Madrid) lundi 24 septembre 2007
*Sont opposés à cette matière : la Conférence Episcopale (à l’exception de son secrétaire général Manuel De Castro) et la Confédération Catholique des parents d’établissements privés ** apprentissage de l’anglais dès l’age de six ans, révision des méthodes de lecture, ou encore renouvellement des principaux manuels d’apprentissage *** rapport annuel Education pour tous 2007, paru en février |