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Tout juste un mois après les premières manifestations anti-junte en Birmanie, les moines prennent le devant de la scène. 300 moines bouddhistes ont marché en priant hier et mardi dans le centre de Rangoun dans un mouvement de protestation contre la junte. Un mouvement relayé ailleurs dans tout le pays Comme mardi, plus de 300 moines ont marché hier dans les rues de Rangoun en récitant des prières et en portant des drapeaux religieux, après avoir cherché en vain à accéder à la Pagode Shwedagon. Plus de 100 badauds observaient la scène sous la pluie, tandis que des agents en civil du régime surveillaient le défilé pacifique, ont raconté des témoins. Un autre groupe d'une centaine de moines avait défilé plus tôt dans la journée dans l'est de la ville. Aucun incident n'avait été signalé à 14H30 heure locale (07H30 GMT). A Bago (80 kilomètres au nord de Rangoun), au moins 1.000 moines bouddhistes ont traversé la localité tandis que des milliers de personnes observaient le défilé, a indiqué un témoin à l'AFP. De son côté, un diplomate occidental a fait état de quatre défilés lundi et mardi dans le centre de la Birmanie, deux à Kyaukpadaung et deux à Chauk, localités situées près de Mandalay. Un autre rassemblement a été signalé à Aunglan. A Sittwe, dans l'ouest du pays, la police anti-émeutes a fait usage de gaz lacrymogènes et de tirs à blancs pour disperser un millier de bonzes qui manifestaient pacifiquement et au moins trois d'entre eux ont été arrêtés, selon Radio Free Asia. Des moines ont de nouveau marché mardi à Pakokku, a indiqué un habitant en précisant qu'il avait eu trop peur de sortir. Les moines brimés excédés par l'impunité de la junte Cette série de marches protestataires par des bonzes arrive après que des organisations de moines bouddhistes ont menacé de déclencher des actions contre le régime militaire si celui-ci ne présentait pas des excuses avant lundi soir pour les récentes violences dont ont été victimes des bonzes. L'appel à manifester "a eu un impact", a dit un diplomate occidental. Le 5 septembre, alors que plusieurs centaines de bonzes défilaient à Pakokku (plus de 500 km au nord de Rangoun), non loin de Bagan et de Mandalay, des soldats avaient tiré en l'air, tandis que des miliciens favorables au régime s'étaient mis à battre des moines. Le lendemain, une vingtaine de responsables locaux avaient été retenus en otages dans un monastère et, après leur libération, des bonzes avaient saccagé un magasin et une habitation appartenant à des miliciens. Nouveau signe de défi au régime Les manifestations, en particulier de bonzes, sont extrêmement rares en Birmanie où le régime ne tolère aucune contestation. Mais elles constituent un nouveau signe de défi à la junte militaire qui est confrontée depuis tout juste un mois à une vague de protestations, consécutive à l'augmentation massive des prix des carburants. Des dizaines de personnes ont été arrêtées depuis le 19 août dans les rangs de l'opposition, notamment des membres de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Mme Aung San Suu Kyi. Dimanche dernier, le magazine Irrawaddy, proche de l'opposition birmane en Thaïlande, avait indiqué qu'un groupe s'appelant "L'Alliance de tous les moines bouddhistes" avait appelé les bonzes à refuser les aumônes des militaires et à participer à des marches pacifiques mardi. La religion bouddhiste est prédominante en Birmanie où des moines avaient participé à un soulèvement populaire en 1988, qui avait été réprimé dans le sang. Une partie du clergé bouddhiste entretient cependant des relations avec le régime. (www.lepetitjournal.com Bangkok avec AFP) jeudi 20 septembre 2007 |