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DEMOGRAPHIE - Des chiffres alarmants |
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jeudi 20 septembre 2007 |
Le pays n’en finit pas de se préoccuper de son taux de natalité, et il y a de quoi. Selon les estimations des démographes, la situation pourrait devenir catastrophique d’ici 50-60 ans. Mais ce n’est pas tant la baisse du nombre d’habitants qui inquiète, mais bien une population active restreinte qui dans le futur devra subvenir aux besoins de la majorité : les retraités
(Photo realitatea.net)
“Si l’on veut maintenir le nombre actuel d’habitants dans le pays (21,7 millions, ndlr), chaque femme devrait avoir au moins deux enfants, dans le cas contraire la Roumanie aura 16,7 millions d’habitants en 2050, 11,9 millions en 2075 et seulement 8,5 millions en 2100. Il faut donc encourager les naissances par une politique adaptée”,a déclaré mardi le président Traian Basescu lors de la conférence internationale “Où va la population de la Roumanie”, organisée par l’université Lucian Blaga de Sibiu. Un constat alarmant dû à plusieurs facteurs : le vieillissement de la population, l’émigration des plus jeunes, un système de santé médiocre. Sans parler de la mortalité infantile. A ce sujet, Traian Basescu n’a pas hésité à réitérer que la Roumanie enregistrait “le taux de mortalité infantile le plus élevé de l’Union européenne.” Par ailleurs, une étude rendue publique en début de semaine par le Fonds de l’Onu pour la population et la Commission nationale pour la population et le développement pointe du doigt un monde du travail qui ne prend pas suffisamment en compte les difficultés des Roumaines désireuses de faire un enfant. Peu de crèches, un partage du congé parental qui n’est pas pratiqué, très peu d’aides : rien n’encourage les femmes à faire un enfant, d’autant qu’elles ne sont pas sûres de retrouver leur travail après leur congé maternité. Une situation déjà dénoncée il y a un an dans Lepetitjournal par Minedora Cliveti, présidente de la Comission parlementaire pour l’égalité des chances (voir article du 30 octobre 2006).
La nécessité d’une politique de la démographie Au-delà des chiffres, c’est une véritable crise socio-économique qui attend le pays. Car qui va payer les retraites de ceux qui ont aujourd’hui 40 ans, nés suite à la politique nataliste radicale décrétée par Nicolae Ceausescu en 1966, obligeant les femmes à avoir au moins quatre enfants ? En 2050, les prévisions estiment que plus de la moitié de la population sera formée de retraités. “Le problème est réel et le sera davantage dans 20, 25 ans, il faut une politique de la démographie, insiste le sociologue Mircea Kivu, car c’est la structure de la population qui est problématique (…) D’autre part, il est bien connu que l’amélioration du niveau de vie ne garantit pas une hausse de la fécondité, au contraire. C’est d’ailleurs la Moldavie, la région la plus pauvre du pays, qui enregsitre le taux de natalité le plus élevé." Peut-être que l’obligation pour les 16-35 ans de souscrire à un fonds de retraite privé depuis ce lundi est un pas vers la résolution du probléme. Mais cela ne sera sans doute pas suffisant. A Sibiu, le président roumain a conclu en soutenant que “la chute de la natalité est un sujet très grave en Roumanie qui nous concerne tous : politiciens, l’Eglise, citoyens d’aujourd’hui et de demain”. F.C. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) jeudi 20 septembre 2007 |