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Depuis le dernier sommet franco-allemand, lundi dernier près de Berlin, les signes de tension se multiplient entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Au-delà des divergences de points de vue sur l’Europe, c’est une profonde différence de style qui sépare les deux chefs d’Etat Entre Merkel et Sarkozy, les frictions étaient prévisibles. Ici lors de la visite du Président français à Berlin le 17 mai dernier (photo. C. B.)
Entre le président français et la chancelière allemande, rien ne va plus. L’image de la bonne entente de surface, célébrée lundi dernier lors du sommet franco-allemand de Meseberg, n’a pas mis longtemps à être dissipée. Dès mardi, un article du Rheinische Post révélait l’agacement réciproque des deux partenaires européens. L’article, repris en boucle par de nombreux medias européens, n’a fait que mettre au jour des divergences de fond déjà visibles dans la presse allemande depuis plusieurs mois. Des divergences de fond Outre le lourd dossier Airbus, c’est la question du nucléaire qui agite les esprits. Le président français, en insistant sur la nécessité d’intensifier le développement de l’énergie nucléaire, a mis son homologue allemande en porte-à-faux vis-à-vis de son opposition sociale-démocrate, qui réclame à terme la fermeture totale des centrales. Au SPD, on ne cache plus son agacement vis-à-vis du chef d'Etat français. L’altercation entre Peer Steinbrück, ministre SPD des finances, et Nicolas Sarkozy en juillet dernier, à propos des engagements européens de la France en matière de finances publiques, a fortement contribué aux tensions du sommet de lundi dernier. Cette ambiance délétère ne semble pas devoir s’apaiser de sitôt. Battant de nouveau en brèche la position allemande, Nicolas Sarkozy a fait état samedi de ses critiques envers la politique de la Banque Centrale Européenne, dont il juge les taux trop élevés. Egratignant au passage quelques personnalités européennes dont Jean-Claude Junker et Jean-Claude Trichet, Nicolas Sarkozy a créé une polémique qui bouleverse les schémas traditionnels de dialogue entre partenaires européens. Agacement sur la forme Au-delà de ces divergences d’intérêt, ce sont surtout les différences de style et de méthode politique qui provoquent des grincements dans la coopération franco-allemande. Les journaux allemands n’ont pas apprécié l’annonce triomphale de la libération des infirmières bulgares, qui a évincé le travail en amont effectué par l’Allemagne. Angela Merkel, rompue à l’écoute de ses partenaires et à la recherche du consensus, est éloignée de la pratique très présidentielle du pouvoir de Nicolas Sarkozy. Ces deux personnalités aux cultures et aux caractères si différents ne pouvaient manquer de se heurter. Si les politiques refusent de parler de "crise", on assiste sans aucun doute à un changement d’époque dans la coopération franco-allemande. Cécile BOUTELET. (www.lepetitjournal.com) lundi 17 septembre 2007/berlin.html |