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ENTRETIEN - Franco Aloisio : "Les conditions de vie des enfants des rues se sont détériorées" |
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lundi 17 septembre 2007 |
Franco Aloisio dirige la fondation Parada à Bucarest depuis presque 8 ans. Créée en 1996 par un clown franco-algérien, cette fondation est aujourd'hui l’une des rares organisations à travailler auprès des enfants des rues. Elle a réussi à travers le cirque à développer une activité sociale reconnue
Comment la fondation Parada a-t-elle été créée ? Franco Aloisio - La fondation est née avec l’idée d’aider les enfants des rues à sortir de la rue. Au début, il n’y avait pas vraiment d’activités structurées, seulement des spectacles de cirque avec un petit groupe d’enfants. Puis cela a commencé à se développer et à rapporter un peu d’argent, ce qui nous a permis de louer un appartement social pour faire dormir les enfants. Puis on a pu embaucher un éducateur et une assistante sociale. Aujourd’hui, 26 personnes travaillent pour notre fondation à Bucarest.
Actuellement quelle est la situation de ces enfants ? Franco Aloisio - La situation s’est beaucoup améliorée car il y a moins d'enfants des rues. A Bucarest, on estime qu'ils sont entre 800 et 1000, bien moins que dans les années 90. Mais au niveau qualitatif, c’est de pire en pire. Leurs conditions de vie se sont détériorées. D’abord, il y a une volonté de nettoyage de la ville, surtout du centre depuis l’entrée du pays dans l’Union européenne. Les enfants sont repoussés vers les périphéries où la vie est plus dure. Pour les associations qui travaillent avec eux, c’est aussi plus difficile de rentrer en contact. Il y a ensuite l’apparition de problèmes de santé qui n’existaient pas il y a quelques années, comme la propagation du sida ou de la syphilis. Sinon, on retrouve toujours beaucoup de maladies gastro-intestinales, de maladies de la peau et tout ce qui touche au système respiratoire. Chaque année, entre 6 et 7 enfants meurent dans la rue.
Comment s’organisent les pouvoirs publics ? Franco Aloisio - Ils ont commencé à se structurer. Maintenant, au moins sur la carte, chaque secteur de la capitale possède son service social avec une unité qui s’occupe des gens sans logement. Mais le travail avec les enfants des rues demande une flexibilité qui n’existe pas dans le service public. Les institutions n’ont pas la capacité d’offrir un service adapté, même s’ils font un gros travail. On collabore beaucoup avec eux, on essaie de se compléter. Néanmoins, encore aujourd’hui, on paie le prix des erreurs des années 90, c’est-à-dire de ne pas être intervenu dès le début du phénomène.
Existe-t-il un stéréotype de l’enfant des rues ? Franco Aloisio - Généralement, l’enfant qui habite dans la rue n’est pas orphelin. C’est une victime de la pauvreté extrême, de la violence et de l’alcoolisme dans sa famille. Très souvent, il y a aussi la séparation des parents. En général ce sont des enfants très intelligents, ils quittent leur famille à 7, 8 ans pour vivre tout seul dans la rue. Il faut savoir se débrouiller dans un milieu très hostile. Il y a aussi le cas de l’enfant qui est habitué à vivre dehors pendant la journée. Il est envoyé par sa famille pour faire la manche, et petit à petit il reste dormir dehors. Mais l’enfant garde le contact avec sa famille, il n’y a pas de rupture.
Quels sont vos projets ? Franco Aloisio - On veut ouvrir une société artistique qui proposerait des spectacles pour des mariages ou des fêtes. On voudrait également monter une entreprise d'import-export de matériels de cirque et de produits artistiques, ce qui n’existe pas encore en Roumanie. Mais on cherche des financements… Propos recueillis par Jonas MERCIER. Photo: J.M. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) lundi 17 septembre 2007
Pour plus d’infos, consulter le site : www.paradaromania.ro |