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LA CALLAS - Pierre-Jean Rémy : "Sa vie est un opéra" |
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vendredi 14 septembre 2007 |
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A l’occasion de l’anniversaire de la mort de la Callas, l'académicien Pierre-Jean Rémy donnera une conférence au Centre culturel lundi. Romancier mélomane, il a écrit une biographie juste après la disparition de la diva. Il y raconte l’aventure de sa voix et de sa vie
Lepetitjournal.com : Vous donnez une conférence lundi au Centre culturel de Milan sur la Callas. Sous quel angle allez-vous l’aborder ? Pierre-Jean Rémy : La conférence aura lieu le lendemain du trentième anniversaire de sa mort. Bien avant sa disparition, je me suis passionné pour son chant. Je collectionnais des disques pirates que j’allais chercher au nord de Londres. J’ai été très remué par sa mort. J’ai tout de suite écrit une bibliographie parue trois mois après. J’ai voulu montrer l’aventure de sa vie et de sa voix. Elle a corrigé de nombreuses imperfections. Elle a maigri trop vite. Elle a chanté des rôles trop lourds. Sa vie comme sa voix forment un tout qui la font entrer dans la légende pour devenir un mythe.
En quoi est-elle un mythe ? Sa vie a été complètement dévolue au chant. Des hommes et des femmes ont voulu la posséder, comme son mari Battista Meneghini, Elsa Maxell ou Onassis. Ils l’ont modelée jusqu’à ce qu’elle devienne la Callas, pour le meilleur et pour le pire. Sa carrière a été très courte. Ses vrais débuts datent de 1947 à Vérone. Elle a tout chanté jusqu’en 1953, puis elle s’est concentrée sur ses rôles clés jusqu’en 1959. Et sa voix s’est éteinte. Elle s’est progressivement identifiée à ses héroïnes : Tosca, Médée, Lucia, Violetta… Sa vie est une forme d’opéra.
"Elle a montré que l’opéra est un spectacle total" | Quelle influence a-t-elle eu sur l’opéra ? Elle a permis de redécouvrir un répertoire, celui du bel canto. Elle a montré qu’une chanteuse pouvait être une comédienne extraordinaire. Elle a fait des efforts pour devenir belle comme peu de chanteuses au monde. A Vérone en 1947, c’était une grosse dame qui boitillait. En 1955, c’était l’une des plus belles femmes du monde. Elle a montré que l’opéra est un spectacle total en fédérant autour d’elle les plus grands metteurs en scène, les plus grands décorateurs et les plus grands chefs.
En quoi Milan a-t-elle été une ville importante pour la Callas ? La Scala a marqué sa carrière. Elle y a chanté pour la première fois en 1951, puis sept années de suite. Elle en est devenue la reine incontestée.
Quel est votre souvenir le plus marquant de la Callas ? Je ne l’ai jamais vue. J’ai raté le Pirate de Bellini à New York. Je me souviens des disques et des photographies de la grande Traviata d’avril 55. Mais mon plus grand souvenir est peut-être celui de ma rencontre : l’enregistrement de Tosca de 53, son entrée dans l’église Sant'Andrea della Valle à Rome. Et puis il y a sa mort dans la Traviata de Lisbonne. Mon regret absolu est que nous n’ayons aucun enregistrement vidéo de tout cela. Propos recueillis par Corentine GASQUET. (www.lepetitjournal.com - Milan) vendredi 14 septembre 2007
Parcours Jean-Pierre Angremy est un diplomate, écrivain et académicien français. Il a vécu à Hong Kong, Pékin, Londres, Florence et Rome. Passionné par l’art lyrique, il a écrit de nombreux romans en rapport avec la musique. En 1981, il a dirigé l’équipe qui préparait le projet du nouvel Opéra de la Bastille. Il a reçu le Prix Renaudot en 1971 pour Le sac du palais d’été et le Grand prix du roman de l’Académie française en 1986 pour Une ville immortelle. Il a été élu à l’Académie français en 1988 au fauteuil de Georges Dumézil. Il est l’auteur de Callas, une vie (1977, republié en 2000 chez Albin Michel) Toute sa bio sur le site de l’Académie française : http://www.academie-francaise.fr/Immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=677
Conférence sur Maria Callas Lundi 17 septembre, salle de cinéma du Centre culturel, corso Magenta 63, 18h30 Infos : http://culturemilan.com/
A lire sur lefigaro.fr Maria Callas, il était une voix http://www.lefigaro.fr/magazine/20070907.MAG000000464_il_etait_une_voix.html |