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RELIGION - Un nouveau patriarche pour l'Église orthodoxe roumaine |
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jeudi 13 septembre 2007 |
Après le décès du patriarche Teoctist le 30 juillet dernier, c’est la première fois depuis 20 ans qu’avait lieu en Roumanie l’élection d’un nouveau patriarche de l’Église orthodoxe. C’est le métropolite Daniel de Moldavie et de Bucovine (56 ans) qui a été choisi hier en fin d’après-midi
Daniel Ciubotea est le nouveau patriache de l’Église orthodoxe de Roumanie. Une élection trés suivie par la population, orthodoxe à près de 90% (photo: antena3.ro)
Réformateur, oecuméniste, très bon gestionnaire, le nouveau patriarche Daniel, qui assurait l'intérim depuis la mort de Teoctist, était le favori de l'élection pour désigner un nouveau patriarche. Docteur de l’Institut de théologie de Strasbourg et professeur à l’Institut oecuménique de Bossey en Suisse entre 1980 et 1988, Daniel Ciubotea a de fait obtenu 95 votes en sa faveur contre 66 pour son principal concurrent, le métropolite Bartolomeu de Cluj (86 ans). 169 membres du Collège ecclésiastique de l’Église orthodoxe participaient à cette élection. Pas de surprise donc, si ce n'est quand hier en début d'après-midi les 49 membres du Saint-Synode ont annoncé les noms des trois métropolites sélectionnés pour la phase finale : l’un des principaux favoris, Teofan (48 ans), le “traditionnaliste”, s’est retiré de la course laissant la place au métropolite Ioan (66 ans) de Covasna et Harghita. Ce dernier n’a obtenu que 18 votes après le premier tour et s’est lui aussi immédiatement retiré.
Soupçons de collaboration avec la Securitate Si l’élection s’est déroulée dans les normes et sans incident, elle aura été entachée par les soupçons de collaboration avec la Securitate, l’ancienne police politique de Ceausescu, qui planent sur l’Église orthodoxe. Depuis longtemps les médias roumains soutiennent que le nom du nouveau patriarche Daniel figurait sur une liste de hiérarques dont le dossier sécuriste aurait éte brûlé après la rèvolution de 1989. Quant à Bartolomeu de Cluj, emprisonné pendant 20 ans, il aurait collaboré avec les tortionnaires des geôles communistes et aurait été envoyé par les services secrets communistes en mission aux Etats-Unis en 1965, selon les révélations de l’ex-patron de la Securitate Ion Mihai Pacepa. Le flou demeure Pour Mircea Dinescu, membre du Conseil d’étude des archives de la Securitate (CNSAS), les prêtres orthodoxes étaient nécessairement très liés au régime communiste. “Je ne comprends pas comment, sous le régime communiste, certains prêtres pouvaient participer à des séminaires à l’étranger, y passer des mois, sans être inquiétés par personne”, (source : AFP). Pourtant, dès 2001, le patriarche Teoctist s’était déclaré en faveur de l’ouverture des archives de la Securitate, même s’il avait affirmé alors que “seul Dieu (pouvait) juger des actes passés, et non pas les politiques”. On lui reproche notamment de ne pas s’être suffisamment opposé à la destruction des églises orthodoxes de Bucarest ordonnée par Ceausescu. Aujourd’hui, pour le porte-parole du patriarcat Constantin Stoica, il ne s’agit que d’une campagne pour “humilier l’Église”. En attendant de voir quelle sera l’attitude du nouveau patriarcat face à ce sujet très délicat, Daniel sera intronisé le 30 septembre prochain. L.C. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) jeudi 13 septembre 2007 |