La Grande-Bretagne vient d’autoriser la création controversée d'embryons hybrides réalisés à partir d'ADN humain et animal, pour faire avancer la recherche sur les affections dégénératives. Mais dès que l’on parle d’embryons, la polémique gagne
La recherche scientifique a tout à gagner de travailler à partir d’embryons humains (photo AFP)
En janvier dernier, deux équipes de chercheurs britanniques avaient demandé l’autorisation de créer des embryons en implantant le noyau d’une cellule humaine dans un ovocyte énucléé de vache ou de lapine. Les autorités britanniques ont donné, mercredi 5 septembre, leur accord de principe.
Interdits en France, des travaux similaires ont été effectués dans d'autres pays, mais la Grande-Bretagne serait la première à autoriser formellement ce type de recherches.
Habituellement, les chercheurs se servaient d’oeufs humains surnuméraires, non utilisés pour les procréations médicalement assistées mais la pénurie est telle que la création d’embryons hybrides devient nécessaire afin de poursuivre les recherches sur les cellules souches pour lutter contre des maladies comme Parkinson ou Alzheimer.
Les autorités britanniques ont cependant strictement encadré ce procédé : elles ont seulement autorisé l'étude des embryons"hybrides cytoplasmiques", dont le matériel génétique est à 99,9 % humain et
0,1 % animal et qui doivent être détruits dans les quatorze jours et ne peuvent être implantés dans l'utérus d'une femme. Mais cela n’empêche pas la polémique d’enfler.
Pas touche aux embryons
Quand commence la vie ? A partir de quel moment fixe-t-on la qualité d’être humain ? Là réside tout le débat autour de l’utilisation d’embryons pour la recherche ou le clonage. Le Pape Benoît XVI a rappelé fin juin la position de l'Eglise catholique, à savoir que "la recherche scientifique doit être encouragée, mais elle ne doit pas se dérouler au détriment des autres êtres humains dont la dignité est intouchable dès les premiers stades de l'existence".
Autrement dit, un embryon est un être humain. Mais avec la création d’embryons hybride, le débat regagne en intensité puisque les détracteurs, dont la morale ne retient qu’un odieux mélange entre humains et animaux, y voient "un acte monstrueux dirigé contre la dignité humaine".
Quentin DUQUENOY. (www.lepetitjournal.com) mardi 18 septembre 2007
En savoir plus :
- Le Monde : La Grande-Bretagne autorise la création d'embryons hybrides à partir d'ADN humain et animal
- Le Nouvel Obs : Embryons hybrides humain/animal: appel à débat en Grande-Bretagne
- Agence Science Presse : Des embryons hybrides vaches et humains