| Ecrit par Betty Ruby,
le 22-08-2008 00:00
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Fin de l’histoire mêle deux points de vue : il reprend minute par minute le discours qu’à fait Florence Aubenas à son retour d’Irak, et l’interrompt avec des commentaires simultanés qu’en fait François Bégaudeau. Un pur délice (Rediff) Etonnant Bégaudeau (photo Hélie – Gallimard)
Voilà un ouvrage lumineux. Au départ, Fin de l’histoire ressemble d’ailleurs plus à un exercice de styles qu’à un véritable roman. François Bégaudeau reprend dans son intégralité minutée la conférence de presse qu’a donnée Florence Aubenas à son retour d’Irak. Il déroule le fil du discours de l’ex-otage pour le commenter au gré des réflexions qu’il lui inspire. En se posant comme un observateur lambda, critique et fasciné, il éclaire le récit de la journaliste de ses réactions instantanées. Cette immédiateté est rendue dans le texte par un subtil jeu d’italiques -qui distingue la voix de Florence de la pensée de l’auteur-, et par un libre sens de la ponctuation qu’il adapte à l’oralité du propos et aux divagations du commentaire. Par exemple, lorsque Florence Aubenas évoque ses ravisseurs avec l’humour qu’on lui a découvert, elle parle à un moment de personnes âgées. Ce qui déclenche chez Bégaudeau la vision suivante : "à l’aube de l’année en cours les pensionnaires les plus valides et clairvoyants d’un hospice bagdadien se sont cotisés pour se payer un otage."
Hommage aux femmes modernes En fait, c’est comme si on avait une caméra branchée sur le cerveau de Bégaudeau écoutant Aubenas. Il rebondit sur les conditions de détention, s’envole sur l’historique combat des femmes et décroche parfois vers des souvenirs de sa vie intime. En transcrivant à mesure et en direct les idées qui jaillissent dans l’espace-temps de la conférence de presse, il fait renaître ce moment phare de la vie publique française à laquelle il donne une grille d’analyse personnelle et possiblement universelle. Par ce moyen aussi, il rend un bel hommage aux femmes contemporaines. Entrer dans le propos de cet objet littéraire à part nécessite un peu d’efforts. Mais une fois qu’on en a saisi les modalités, la lecture devient un pur enchantement. Car, par chance, l’esprit de Bégaudeau est empli d’humour et de malice. S’y plonger procure un sentiment d’intense plaisir. Betty RUBY. (www.lepetitjournal.com) vendredi 14 septembre 2007 Fin de l’histoire, François Bégaudeau, éditions Verticales, 136 p, 12€50
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