| Ecrit par Camille VAYSSETTES,
le 26-07-2005 22:00
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Après quatre ans de tensions entre Ariel Sharon et Jacques Chirac, le Premier ministre israélien est arrivé hier soir à Paris pour une visite de trois jours. L’occasion de sceller le réchauffement des relations entre les deux pays, et de revenir sur le désengagement des troupes israéliennes de Gaza
La dernière visite d’Ariel Sharon en France date de juillet 2001. (Photo : APF)
Les relations franco-israéliennes seraient-elles en voie d’amélioration ? La visite de trois jours d’Ariel Sharon à Paris, où il doit rencontrer Jacques Chirac dans la journée, semble aller dans ce sens. Arrivé hier dans la soirée, le Premier ministre israélien a été accueilli à l'aéroport d'Orly par le ministre des PME, Renaud Dutreil. Après son entretien avec le président de la République, il devrait dîner ce soir avec Dominique de Villepin et rencontrer demain les représentants des juifs de France.
Une visite de réconciliation sans doute, annoncée par les déclarations mutuellement conciliantes de Paris et Jérusalem de ces dernières semaines. Alors que Jacques Chirac a salué le désengagement de Gaza, le qualifiant de « décision courageuse », Ariel Sharon a de son côté estimé que la France est un « exemple pour d’autres gouvernements européens » en terme de combat contre l’antisémitisme. Le dialogue reprend entre les deux hommes, après une coupure de quatre ans (voir encadré), qui remonte à la dernière visite du leader israélien en France, en juillet 2001.
Côté français, priorité à « la feuille de route »
Les raisons de ce réchauffement soudain sont fortement liées au retrait des troupes israéliennes de Gaza, prévu à partir du 17 août, et rendu possible par la reprise du dialogue entre Sharon et Mahmoud Abbas, le nouveau président des Palestiniens.
Considérant que le désengagement de Gaza « est une occasion à ne pas rater », Jacques Chirac a donc parfaitement choisi son moment pour inviter Ariel Sharon. Le président français insiste en effet sur la nécessité d’entamer le processus de paix en respectant la « feuille de route » dès la fin du retrait. Bien que plus ouvert aux négociations qu’auparavant, le Premier ministre israélien reste tout de même ferme sur certains points. Ainsi, la relance de la « feuille de route » ne sera effective que lorsque l’Autorité Palestinienne aura procédé à un « arrêt total du terrorisme ».
Si les deux hommes ne parviennent pas à s’entendre à ce sujet, la visite d’Ariel Sharon semble bel et bien confirmer les récentes déclarations de Jacques Chirac : « Par delà les malentendus, la France est », de nouveau, « l’amie d’Israël ».
Julie SAMIT. (LPJ) 27 juillet 2005 Chirac et Sharon comme chien et chat
Il aura fallu attendre quatre ans pour que Jacques Chirac et Ariel Sharon se revoient enfin. Quatre années de relations tendues entre la France et Israël, dont le point culminant a été atteint en juillet 2004 après l’appel de Sharon aux juifs de France. Il avait en effet demandé à ces derniers de quitter l’Hexagone, prétextant qu’ils couraient de grands dangers face à la montée « de l’antisémitisme le plus violent » sur le territoire français. Côté français, la pique avait été très moyennement appréciée, des rumeurs -démenties par l’Elysées par la suite- allant même jusqu’à dire que Sharon n’était pas le bienvenu à Paris. Clairement, les positions de la France en faveur d’un respect de la « feuille de route » étaient jusque-là très mal vues en Israël, la politique hexagonale étant considérée comme pro-arabe depuis toujours. (LPJ – 27 juillet 2005) Lire aussi
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