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Patrick Frébet, proviseur du Lycée français de Madrid, entame sa cinquième et dernière année dans la capitale espagnole. Pour ce Normand, Madrid restera une découverte détonante et le Lycée, la preuve vivante du rayonnement de la langue française
Patrick Frébet entame sa cinquième et dernière année au LFM (photo LPJ)
Lepetitjournal.com : Quel est votre parcours ? Patrick Frébet : Tout d’abord, j’ai été enseignant en France, en Haute-Normandie plus exactement. Par la suite, j’ai été nommé principal de collège dans la région rouennaise, puis proviseur dans un lycée de cette même région. Puis en 1998, j’ai occupé ce poste au lycée français de San Francisco, avant d’arriver ici, en 2002, en tant que proviseur du lycée français de Madrid. Entreteniez-vous des liens privilégiés avec l’Espagne, avant votre arrivée à Madrid ? Pas particulièrement, si ce n’est que j’ai fait des études universitaires de langues : anglais, espagnol, italien, portugais, allemand… Donc, la prédisposition était plus linguistique qu’autre chose. Le Lycée Français de Madrid en chiffres ? C’est un lycée qui compte près de 3.700 élèves et 400 adultes y travaillent. La demande d’inscription est toujours assez forte. On peut estimer qu’on accueille un élève sur trois dossiers, et ce, dès la maternelle et le CP. Les deux tiers des élèves sont hispanophones. Selon vous, comment s’explique cet attrait des familles espagnoles pour le LFM ? L’intérêt renouvelé des familles espagnoles pour le lycée est avant tout un intérêt historique. Ce sont, en général, des familles qui restent très attachées à la France ou à ce qu’elle représente. Elles sont aussi attachées à un système éducatif qui développe des compétences reconnues en terme de réflexion, d’organisation des connaissances ou de complémentarité des disciplines. L’éventail intellectuel proposé par le lycée est assez large. En ce qui concerne la reconnaissance des diplômes, depuis cette année, l’obtention du baccalauréat donne droit à l’inscription dans les universités espagnoles. Il n’y a donc plus besoin d’une double certification. Et l’on observe, que globalement, les élèves qui sortent du LFM, obtiennent satisfaction dans les formations qu’ils souhaitent. Quels sont les évènements auxquels participe le LFM ? Au premier trimestre, nous mettrons en place une Semaine d’information sur l’orientation des élèves. Un carrefour des carrières sera organisé avec la participation d’entrepreneurs français et espagnols. Chaque année, les enfants de sixième participent de manière directe à des opérations de solidarité. Concernant la culture, un autre temps fort sera La semaine des arts, qui verra s’associer les arts plastiques, l’art dramatique, et la musique. Nous avons aussi mis en place, grâce à l’activité des professeurs, nombre de projets linguistiques et historiques. Enfin, dans le domaine des sports, les professeurs d’éducation physique organisent chaque année des tournois qui dépassent largement le cadre de l’établissement. Tout ceci confère une richesse assez remarquable et bénéfique au fonctionnement de l’établissement. Il s’agit de votre dernière année au lycée. Vos sentiments sur ce quinquennat ? Il y a une certaine fierté... Pas vis-à-vis de soi-même mais vis-à-vis de ce que l’on représente. Le LFM est la preuve d’une grande vivacité éducative et culturelle que seule la France est à même d’incarner. Mais il s’agit aussi d’une responsabilité. En effet il appartient au proviseur du Lycée français de s’employer à ne pas décevoir la communauté qui lui fait confiance. Il ne faut pas oublier que pour les familles non françaises, inscrire son enfant à l’âge de trois ans au LFM est une démarche forte, un acte de foi. À nous d´être à la hauteur de la confiance qui nous est faite. Enfin, à titre personnel je me réjouis d’avoir découvert ce pays, surtout à un moment particulièrement fort de son histoire. L’Espagne est un pays qui évolue de manière positive et vivante. Ces cinq années ont été très gratifiantes. Justement, quel souvenir allez-vous garder de ces années espagnoles ? Je garderai en mémoire les moments de joie, bien sûr, mais aussi les moments difficiles qu’a traversés l’Espagne après les attentats de mars 2004 et qui m’ont particulièrement habité. Enfin, l’Espagne m’aura profondément marqué, par ses traditions. ce qui pour moi tourne autour du rythme, de la danse et des couleurs. Le flamenco et les arts de l’arène – notamment les rejónes - en sont un magnifique exemple. Propos recueillis par Arnaud BOULARAND (www.lepetitjournal.com – Madrid) jeudi 13 septembre 2007 |