| Ecrit par Herve HEYRAUD,
le 26-07-2005 22:00
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Voilà longtemps qu’Avignon n’avait soulevé tant de mécontentements et de polémiques. Signe que la programmation 2005 du festival a insufflé un nouvel élan artistique ?
L'histoire des Larmes de l'artiste flamand Jan Fabre a fait coulé beaucoup d’encre. (Photo : AFP)
Hortense Archambault et Vincent Baudriller, directeurs depuis deux ans du Festival d’Avignon, sont formels : la 59e édition, sur laquelle tombe aujourd’hui le rideau, est un succès. 104.000 places ont été délivrées, soit 8.000 de plus que l’an dernier. Des spectacles comme ceux de Trintignant récitant Apollinaire ou Kroum, écrit en 1975 par l'Israélien Hanokh Levin et mis en scène par le Polonais Krzysztof Warlikowski, ont reçu un accueil unanime. Pourtant, ce n’est pas l’unanimité qu’on retiendra du festival 2005, mais une vague plutôt contestataire qui a démarré jeudi dernier dans les médias avec la Une virulente du Figaro « Le public en colère à Avignon » qui relatait comment un spectateur avait quitté After/Before de Pascal Rambert en s’adressant aux acteurs : « mais qu’est-ce qu’on vous a fait ? ». Et Le Figaro de conclure : « partout le public quitte les salles et bronche bruyamment. Tiendra-t-il huit jours de plus ? »
Partis mal pris
Manifestement oui, le public s’est accroché, mais n’a pas toujours été séduit. Avec Frère & soeur sa création mondiale, la chorégraphe montpelliéraine Mathilde Monnier a été jugée sévèrement par l'ensemble de la critique nationale. Mais c’est surtout le plasticien et chorégraphe belge Jan Fabre, l’artiste associé à la programmation, qui a focalisé les polémiques. Pourtant, associer un artiste à chaque édition (Thomas Ostermeier en 2004 et Jan Fabre cette année, Josef Nadj en 2006 et Frédéric Fisbach en 2007) était l’idée phare des deux nouveaux directeurs nommés pour quatre ans, en novembre 2002.
Entre radicalité et incompréhension On s’en souvient, la première édition d’Archambault et Baudriller faisait suite à l’annulation de 2003 liée au mouvement des intermittents. Il fallait alors reconquérir un public, rassurer la création contemporaine et se démarquer du passé. Affirmer des partis pris esthétiques, à travers des personnalités fortes semblait judicieux. Mais les créations de Jan Fabre sont empreintes de violence et de folie. Les frontières explosent entre danse, vidéo, performance ou théâtre plus classique. Les créations ne sont pas toujours abouties… Bref, malgré un effort pédagogique, les prises de risque ne passent pas toujours auprès d’un public habitué à un demi-siècle de confort artistique. Ce qui est différent n’est certes pas synonyme de qualité. Mais pas non plus à rejeter en bloc. Reste à savoir si le public avignonnais peut évoluer en même temps que la création contemporaine. Betty RUBY. (LPJ) 27 juillet 2005
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