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A quelques jours du sixième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, Oussama Ben Laden a réapparu sur une vidéo. Florilège de réactions d’Egyptiens à cet amer anniversaire Vu du ciel: la baie de New York, Manhattan et la fumée qui monte du World TRade center, le 11 septembre 2001 (photo DR)
Six ans sont passés sur les attentats dévastateurs du 11 septembre et depuis une guerre sans merci est menée par les Etats-Unis contre le terrorisme. Six ans et après ? C’est la question que s’est posée Ayda, professeur d’université, en visionnant la bande vidéo d’Ousama Ben Laden, l’homme le plus recherché du monde, dans laquelle il adresse un message à l’intention du peuple américain. "Le fait d’apparaître devant les médias en parfaite forme dénote que la guerre contre le terrorisme n’a pas abouti", estime-t-elle. Pour d’autres, comme Fawzy, la vidéo intervient au moment propice : "Ben Laden sort de sa boîte quand on a besoin de lui. Si vous écoutez son message vous vous rendrez compte que tous les mots-clés susceptibles de remobiliser les Américains y sont". De nombreux Egyptiens sont atterrés de voir le bilan des victimes de la guerre antiterroriste s’alourdir sans résultat. "L’Amérique a agressé des peuples et tué des innocents, sans résultat tangible alors que les symboles du terrorisme Ben Laden et son alter ego Ayman el-Zawahri demeurent introuvables", regrette Achraf dentiste. Mohamed animateur à la radio d’Etat se dit stupéfait de voir le pays le plus puissant du monde, la plus grande armée, et le plus fort service de Renseignements, la CIA, incapables de venir à bout des terroristes. Pour Seif, vice-rédacteur en chef de l’agence de presse égyptienne (MENA), les démonstrations de force qu’ont constitué l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak n’ont eu pour conséquence que l’expansion des réseaux terroristes. Mais Ben Laden aussi est sous le feu de la critique : "Je préfère qu’il profère ses menaces habituelles d’attaques destructives contre les Etats-Unis plutôt que de prêcher à la conversion à l’islam, cela attise l’islamophobie et génère des malentendus", explique Madbouli, commerçant. Quant à Ahmed chauffeur de taxi, il refuse que le titre de cheikh soit attribué à Ben Laden, pour avoir écorné l’image de l’islam aux yeux des non musulmans. "Ben Laden, avec son discours, veut que le 11 septembre soit une fête pour les musulmans mais il ne le sera jamais. Si certains ont dansé de joie de voir une catastrophe arriver aux Etats-Unis, la mort de 3000 victimes a suscité en nous un profond émoi", conclut Samah journaliste. Mahitab Abdel Raouf (www.lepetitjournal.com, Le Caire) mardi 11 septembre 2007 |