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Avec Sicko, Moore revient pour tailler un costard au système de santé américain. L’Amérique est la première puissance mondiale mais sa sécurité sociale part en lambeaux. Lui offrir un nouveau costume est son nouveau credo. Pour lui dessiner un nouveau patron, Moore parcourt la France, l’Angleterre et le Canada. Au fil de ses rencontres, une fiche de retouche est dressée. Le calage est grossier et le tissu cousu de fil blanc mais la veste a le mérite d’exister. Sans mutuelle privée, un Américain ne peut se faire soigner. Choix draconien d’une personne, suite à un accident de scie sauteuse, entre récupérer son annulaire pour 10.000 euros ou son majeur pour 65.000 euros. Image poignante d’une maman ayant perdu son enfant pour ne pas l’avoir transféré dans l’hôpital de sa mutuelle. Déposition scandaleuse d’un médecin certifiant que son revenu était indexé au nombre de refus de prise en charge lorsqu'il travaillait pour une mutuelle. Absence de reconnaissance des maladies supportées par les volontaires suite au 11 septembre. Ainsi va l’Amérique selon Moore. Entre enrichissement des industries pharmaceutiques, relance de son assurance santé, mépris de l’assuré et endettement pour se faire soigner.
Moore ne souhaite néanmoins pas s’arrêter au simple constat. Et si, finalement, les autres pays n’étaient pas mieux lotis ? Il s’engage donc dans un petit tour d’horizon des systèmes de santé les plus enviés : Canada, Angleterre, France. Les propos sont choisis. La caricature, par certains moments, se profile. Le couple de français moyen ayant une revenu mensuel à 8.000 euros en ferait rêver plus d’un. Les témoignages de ressortissants américains profitant du système de santé français frisent l’écœurement. L’absence d’attente dans les hôpitaux anglais, canadiens ou français a un goût de paradis. Chez Moore, tout est blanc ou noir. La rhétorique de l’image est parfaitement maîtrisée même si le procédé est grossier. Comme dans tous ses films, on s’interroge sur le public visé. Est-ce l’Européen qui sourira devant l’ironie calibrée du film ? Ou un des 300 millions d'habitants des Etats Unis qui luttent chaque jour pour connaître le rêve américain ? Chacun ne dispose pas de la même grille de lecture. Pas sûre que Moore d’ailleurs s’en préoccupe. Le costard a besoin d’être retaillé. Qu’importent les procédés utilisés pour l’ajuster. Sara Fredaigue (www.lepetitjournal.com - Rome) Lundi 10 septembre 2007
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