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La Convention nationale est terminée. Le régime militaire birman a qualifié de "victoire" la conclusion officielle hier de quatorze ans de débats au sein de la Convention nationale. Un processus que la junte a contrôlé de bout en bout et qui vise à doter le pays d'une nouvelle Constitution La Convention nationale s'est achevée hier sur fond de chasse à l'homme pour arrêter les derniers meneurs d'un exceptionnel mouvement de protestation déclenché le 19 août après l'augmentation massive des prix des carburants et des transports en commun. Ouverte en 1993, la Convention nationale visait à rédiger les principes d'une Constitution. Souvent qualifié en Occident d'"imposture" et boycotté par l’opposition d’Aung San Suu Kyi, le processus constitutionnel s'est déroulé à intervalles très irréguliers pendant plus d'une décennie et sous un contrôle étroit de la junte. Le Premier ministre intérimaire, le général Thein Sein, qui a présidé hier la cérémonie de clôture de la Convention nationale, a néanmoins déclaré que celle-ci avait "terminé son travail avec succès". La fin de la Convention nationale, à laquelle ont participé plus de mille délégués triés sur le volet, marque la première étape de la "feuille de route" annoncée en 2003 par le régime, en vue de l'établissement d'une "démocratie disciplinée". Pour autant, la Convention nationale n’a édicté que les directives pour une nouvelle Constitution. Une assemblée constituante devrait maintenant être chargée de rédiger le texte définitif qui devrait garantir à l'armée un rôle prépondérant. Le régime a annoncé son intention d'organiser un référendum sur la nouvelle loi fondamentale avant de procéder à des élections législatives, mais aucune date n'a été fixée pour ces scrutins.
Pression populaire Les dernières élections organisées en Birmanie remontent à celles de 1990 qui avaient été remportées haut la main par Aung San Suu Kyi. Mais les militaires n’ont jamais reconnu le résultat. Depuis la semaine dernière, la Birmanie est la cible de vives critiques de Washington et de capitales européennes qui ont exigé que la junte libère immédiatement les manifestants pacifiques arrêtés et tous les prisonniers politiques. Amnesty International affirme que plus de 150 personnes ont été interpellées. Selon Win Min, analyste birman travaillant en Thaïlande, ces manifestations, couplées à des pressions diplomatiques de la Chine, ont poussé le régime militaire birman à accélérer la conclusion de la Convention nationale. La Chine, parmi les premiers investisseurs et partenaires commerciaux de la Birmanie, a poussé la junte à conclure ces débats afin de relâcher les pressions occidentales sur le pays au sein du Conseil de sécurité de l’ONU. Parmi les délégués figuraient des représentants de nombreux groupes ethniques minoritaires qui espéraient obtenir davantage d'autonomie pour leur région, a-t-il précisé. Du fait du mouvement de grogne populaire, "la junte avait tout intérêt à arrêter maintenant (la Convention)". Lire aussi à propos des manifestations notre article du 24 août et notre article du 28 août (www.lepetitjournal.com - Bangkok avec AFP) mardi 4 septembre 2007 Les principaux points du projet de nouvelle Constitution présentés par les media gouvernementaux birmans Elections La nouvelle constitution doit être soumise à un referendum dont la date n’a pas encore été communiquée, pour déboucher sur des élections pour le parlement. Président La dirigeante de l’opposition Aung San Suu Kyi devrait être privée d’élections présidentielles par une clause qui empêche les candidatures de personnes mariées à des étrangers. La militante prix Nobel de la paix a été marie au britannique Michael Aris, décédé en 1999. Un autre clause requière du président qu’il ait une « vision militaire » des affaires de l’état. Parlement Un quart des sièges du parlement devraient être réservés à des officiers d’active nommés par le commandant en chef. Minorités Ethniques Parmi plus de 130 minorités etniques que compte la Birmanie, cinq devrait obtenir une région autonome près des zones de frontière où les etnies rebelles combattent la junte depuis plusieurs décennies. Militaires Plusieurs dizaines de milliers de combattants issus de groupes rebelles qui ont signé un cessez-le-feu seront incorporés à l’armée birmane dont les effectifs sont déjà estimés à 485 000 hommes. Capitale La ville nouvelle de Naypyidaw, située dans le centre du pays, deviendra officiellement la capitale. |