| Ecrit par Cécile Boutelet,
le 03-09-2007 00:00
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Du baiser de Leonid Brejnev à Erich Honecker à la Trabi crevant le mur, les célèbres peintures qui couvrent les vestiges du Mur de Berlin sont en ruine. Leur restauration, voulue par un collectif d’artistes de la ville, ne fait cependant pas l’unanimité Une peinture originale de l'East Side Gallery, aujourd'hui méconnaissable (Photo. Jean Pichard. 1991)
"Où est le Mur ?" C’est la question que pose immanquablement le touriste en visite à Berlin. Le Berlinois, parfois agacé, lui répond que le Mur est tombé en 1989. Ou le renvoie patiemment aux panneaux de la Potsdamer Platz ou de l’East Side Gallery. Si le Mur de Berlin, symbole de la guerre froide, fait figure de patrimoine historique pour des millions d’européens, il reste le "Mur de la honte" pour beaucoup d’habitants de la ville. D’où la question posée par la récente initiative de quelques artistes de restaurer l’East Side Gallery : le Mur de Berlin est-il un vestige historique comme les autres ?
Un souvenir dangereusement lézardé L’East Side Gallery, un des sites les plus célèbres de la ville, est un morceau de mur long de 1,3 km, entre Mitte et Friedrichshain. Sur les panneaux qui s’étendent le long de la Spree, des peintures célèbrent la chute de la RDA, commandées en 1990 par la mairie à quelque 119 artistes venus de 24 pays. Ces peintures, qui appartiennent désormais à l’imaginaire berlinois, sont aujourd’hui méconnaissables. Pollution, graffitis, vandalisme ont eu raison des couleurs originales. Par ailleurs, l’armature du mur présente des signes d’érosion inquiétante, la structure, rouillée, a lézardé le mur en plusieurs endroits. Un collectif d’artistes a entrepris de sauver le mémorial. 3 millions d’euros sont nécessaires à un projet de restauration qui prévoit de reconstruire totalement les panneaux et d’inviter les artistes originaux à y reproduire leurs œuvres. Des Berlinois hésitants Une somme que les politiques berlinois ne sont pas très enclins à débloquer. Pas plus que certains Berlinois, qui, dans un sondage en ligne du quotidien Tagesspiegel ne sont que 25% à approuver la remise en état de la ruine. La zone qui l'environne, actuellement peu aménagée, est promise à un bel avenir. Les projets rivalisent pour valoriser ce bord de Spree qui relie deux des quartiers les plus branchés de la ville. Mais l'Histoire est parfois tenace. Mikhaïl Gorbatchev lui-même a récemment choisi ce pan de Mur pour se faire photographier pour la marque Vuitton. Au travers de cette publicité, l’ancien homme d’Etat voulait rappeler son rôle historique dans la chute du rideau de fer. Une preuve de plus de la part de mythe que comporte ce souvenir, qui dépasse sans doute les Berlinois eux-mêmes. Cécile Boutelet. (www.lepetitjournal.com/berlin.html) lundi 3 septembre 2007
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