| Ecrit par Blanche Baudouin,
le 31-08-2007 00:00
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Asperger les sans-abri d’un parfum luxueux, voilà qui les rendrait aussi heureux que les abrités qui les entourent. Blanche a applaudi l’idée. Elle n’a pas la même vision olfactive que le maire d’Argenteuil Blanche rêve d’un monde où chaque SDF recevrait une fiole d’huile essentielle (photo AFP)
Parce que chacun développe un sens plus qu’un autre, j’ai choisi pour ma part l’hypernez. C’est ainsi : je flaire plus que je ne respire. Si ce talent m’apporte de nombreuses joies olfactives, il arrive aussi qu’il m’handicape au point de m’interdire certaines activités sociales –comme passer devant un fast-food ou gambader dans des bidonvilles. Aussi, quand la première fois j’ai entendu parler d’un spray destiné aux SDF, mon cœur s’est gonflé d’amour pour l’humanité entière. "Super, pensais-je alors, on va asperger ces pauvres gens d’un délicieux parfum pour pouvoir enfin les approcher". Dans un état proche de celui de Jean-Baptiste Grenouille le héros du Parfum de Süskind, je me demandais quelle senteur allait être retenue : plutôt Chanel ou Givenchy ? L’annonce du nom m’a un peu surprise : quel parfumeur pouvait baptiser son élixir "Malodor" ?
Répulsion En réalité, je n’avais pas eu de nez. Car l’idée n’était pas de faire sentir meilleur les sans-abri, mais d’arroser leur lieu de villégiature d’un spray puant plus encore que leur propre odeur pour les en faire dégager. Mon cœur s’est dégonflé. Puis regonflé. Mais pas d’amour. Finalement le terme Malodor n’était pas mal choisi puisque le répulsif fonctionne comme une boule puante. Georges Mothron, le maire UMP d’Argenteuil dans le Val d’Oise doit avoir un odorat aussi développé que le mien. Afin de combattre la gêne olfactive provoquée par les clodos de son centre-ville, il voulait asperger de Malodor les coins d’attroupements des vagabonds pour les désattroupper. Les chants de Malodor Combattre le mal par le mal est une idée riche mais difficile d’application. Les cris d’indignations venus de la France entière lui ont tellement soulevé les tympans qu’il a failli en perdre l’ouïe. Et ce n’est parce qu’on a un bon nez qu’on doit ne plus avoir d’oreille. En conséquence, le maire a mis moins de quatre jours pour ranger son Malodor et son idée. Les paris sont ouverts pour savoir comment il va recycler les bouteilles qu’il avait fait commander sur le budget municipal. Blanche BAUDOUIN. (www.lepetitjournal.com) vendredi 31 août 2007
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