| Ecrit par belgrade,
le 30-08-2007 00:00
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L’été n’est pas encore fini mais s’il aura été calme sur le front de la politique intérieure, le dossier brûlant du Kosovo n’aura pas laissé de répit aux dirigeants serbes comme à tous les acteurs impliqués. Ainsi, aujourd’hui, Serbes et Albanais se retrouvent à Vienne pour exposer leurs vues sur le devenir de la province Si en cette fin d’été la classe politique commence à évoquer la future élection présidentielle du printemps 2008, dont la date exacte doit être entérinée avant la fin de l’année, le mois d’août aura été le théâtre d’une intense activité diplomatique concernant le Kosovo. Constatant l’échec du Conseil de Sécurité des Nations Unies, du fait de la Russie qui menaçait d’un veto toute décision menant à l’indépendance de la province, le groupe de contact (France, Grande Bretagne, Etats-Unis, Allemagne, Italie et Russie) a décidé fin juillet de laisser de coté le plan du médiateur de l’ONU, Martti Ahtisaari, et de constituer une "Troïka" composée d’un représentant des Etats-Unis, de l’Union européenne et de la Russie, pour piloter de nouvelles négociations entre Serbes et Albanais. Cette fois, cette troïka n’a pas vocation à proposer un statut comme ce fut le cas pour le médiateur de l’ONU. Elle doit cependant rendre un rapport le 10 décembre au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon. Et bien que la Russie et la Serbie s’y opposent, les Occidentaux considèrent que la réunion d’aujourd’hui marque le début d’un nouveau processus de négociations de 120 jours, à l’issue duquel les parties devront s’être mises d’accord.
Une nouvelle boîte de pandore Face à l’absence d’avancées, c’est la Troïka elle-même qui a, en début de mois, pris l’initiative. En évoquant comme une hypothèse parmi d’autres, la partition de la province sur des bases ethniques –le Nord à majorité serbe resterait à la Serbie, pendant que le reste du Kosovo deviendrait indépendant- le représentant de l’UE, Wolfgang Ischinger, a levé un tabou, jusqu’ici exclu par le groupe de contact, et alimenté toutes les conversations. Tous, sans exception, ont rejeté cette idée. Le concept ouvrirait sans doute une nouvelle boite de pandore dans la région, s’il venait à se réaliser. Pourtant, si l’ambiance dans la capitale autrichienne ne sera pas tendue ce matin - Serbes et Albanais ne se rencontreront pas directement- aucun analyste n’ose espérer de cette nouvelle période une quelconque avancée. Plus que jamais en effet, les Albanais considèrent que l’indépendance formelle est "l’alpha et l’omega" de leur plateforme, selon leurs propres termes, alors que la Serbie n'entend pas renoncer à la souveraineté. L’avenir s’annonce donc incertain et dépend plus que jamais des grandes puissances. Dans le bras de fer qui se joue entre Américains et Russes, le risque pour le Kosovo est bien d’aboutir à un "conflit gelé" d’où émergera celui qui se sera montré le plus patient. FXD. (www.lepetitjournal.com - Belgrade) 30 août 2007
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