| Ecrit par Quentin Duquenoy,
le 30-08-2007 00:00
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La Chine se fait de nouveau remarquer dans le domaine des droits de l’homme et la liberté d’expression. L’Empire du milieu oblige maintenant les hébergeurs de sites et de blogs à censurer leurs contenus et à livrer les identités des auteurs censurés. Consternant
 Reporters Sans Frantières fait campagne pour le respect des droits de l'homme en Chine (RSF)
L’affaire ne date pas d’hier, la Chine est depuis longtemps dans le collimateur des organisations de défense de la liberté d’expression. En effet, le pouvoir en place cherche à contrôler les informations circulant sur le net en faisant pression sur les fournisseurs d’accès, les moteurs de recherche et les hébergeurs de sites et de blogs. Et ce n’est pas nouveau ! En 2003 déjà, éclate l'affaire Li Zhi. Ce dissident fut reconnu coupable de subversion politique, et condamné à 8 ans de prison ferme. Yahoo! avait alors fourni aux autorités chinoises les détails du compte Yahoo! que Li Zhi utilisait. Faits identiques deux ans plus tard, Shi Tao, journaliste du quotidien économique Dangdai Shang Bao, a été arrêté en 2005 et condamné le 30 avril dernier pour avoir envoyé à l'étranger des copies de messages internes envoyés par les autorités chinoises à son journal. Le message prévenait les journalistes des risques de déstabilisation politique dus au retour de certains dissidents sur les lieux de Tian’anmen, pour l'anniversaire des 15 ans de la révolte. Un porte-parole de Yahoo! défend la position de la société dans cette affaire : "Comme dans toutes les juridictions, les autorités ne sont pas tenues de préciser pourquoi elles recherchent certaines informations, et elles ne le font d'ailleurs jamais. Nous ne pouvons pas savoir si une demande d'informations concerne un meurtre, un kidnapping, ou un autre crime."
Toujours plus loin, toujours plus fort A un an des JO de Pékin, la Chine a déjà adopté la devise olympique plus vite, plus haut, plus fort, mais en matière de répression. Le gouvernement vient en effet de faire signer à une vingtaine d’entreprises qui hébergent des sites et des blogs, un "pacte d’autodiscipline", élaboré par la Société Internet de Chine (SIC), affiliée au ministère chinois de l'Industrie de l'Information. Ce pacte oblige les signataires à enregistrer l'identité de leurs clients avant de pouvoir mettre en ligne leurs articles. Le plus grave est que les entreprises devront garder les informations des blogueurs, permettant ainsi aux autorités de les identifier. Les entreprises n’avaient qu’à refuser de signer pourrait-on croire. Mais non, car en cas de refus de leur part, le gouvernement pourrait remettre en cause les contrats leur permettant de se positionner sur le marché chinois, potentiellement gigantesque. Reporters Sans Frontières, qui dénonçaient déjà les affaires Li Zhi et Shi Tao, voit rouge : "Nous savions déjà que Yahoo! collabore volontiers avec le régime chinois pour ce qui est de la censure, et maintenant nous savons que c'est aussi un informateur de la police" et ajoute "Est-ce que le fait de se conformer aux lois locales libère Yahoo! de toute considération éthique ? Jusqu'où ira la société pour plaire à Pékin ?" Quentin DUQUENOY. (www.lepetitjournal.com) jeudi 30 août 2007
En savoir plus : - PC impact : Yahoo Chine encore accusé de dénonciation - PC impact : Yahoo aurait aidé la Chine à arrêter un journaliste - Le Monde : Amnesty internationale épingle Google, Microsoft et Yahoo
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