| Ecrit par Lisbonne,
le 10-08-2007 00:00
|
|
Le nouveau statut du journaliste n'a pas reçu l'aval du Président de la République et, par conséquent, le texte retourne au Parlement pour une nouvelle appréciation
Le nouveau statut du journaliste n'a pas reçu l'aval du Président de la République et, par conséquent, le texte retourne au Parlement pour une nouvelle appréciation Ce vendredi 3 Août, le chef de l'Etat, Cavaco Silva, a décidé d'opposer son veto au nouveau statut du journaliste qui avait été voté par l'assemblée parlementaire. Le Président a invoqué le manque de clarté sur le statut des journalistes, et suggère aux députés d'apporter un nouveau regard sur le sujet. En effet, le nouveau statut impose aux journalistes l'obligation de dévoiler leurs sources d'informations dans des cas de "crimes" ou de "situations graves". Or, pour le Président, ces énoncés sont susceptibles de conduire à "des interprétations divergentes avec des potentialités de conduire à l'insécurité juridique". Cavaco Silva n'est pas non plus d'accord sur les nouvelles sanctions prévues dans ce cadre car on applique selon lui la loi du "poids le plus excessif" Autre point de désaccord, pour le Chef de l'Etat, le fait que, désormais, pour exercer la profession un diplôme universitaire, maîtrise ou licence soit nécessaire. L'ensemble de la profession et les partis d'opposition se sont réjouis de cette décision. Les journalistes, les principaux intéressés, saluent la position du chef de l'État. Néanmoins, ils regrettent qu'aucune allusion aux droits d'auteur n'ait été faite et que, sans une vraie réforme contemplant ces droits, l'intégrité d'une oeuvre pourra être menacée.
Pas de consensus sur le statut Le Secrétaire Général de la Confédération des Medias, qui groupe plus de 600 adhérents, se réjouit de la décision et émet le souhait que "le bons sens se fasse maintenant entendre à l'assemblée parlementaire". Augusto Branquinho, député du Parti Social Démocrate, fait appel au PS pour qu'il "ne maintienne pas l'intransigeance" qui lui est habituelle dans des discussions parlementaires et espère que la position du Chef de l'Etat puisse "sensibiliser la majorité du PS et le gouvernement". Pour le CDS, parti du centre-droite, selon le dirigeant João Almeida, le statut du journaliste doit "tenir en compte les principes de la liberté de la presse". Alberto Martins, député du PS, admet que son parti va étudier très attentivement les raisons qui ont poussé le Chef de l'Etat à ce veto et fera ensuite des réajustements ou non. Dans le cas d'une confirmation du statut, le Chef de l'Etat sera tenu de le promulguer. Le Syndicat des Journalistes, pour sa part, fait remarquer que le statut est loin de faire consensus parmi les députés et ne crée pas les conditions pour que les journalistes portugais évoluent dans un cadre légal adapté pour l'exercice de leur activité. Le syndicat annonce qu'il continuera à se battre pour que les groupes parlementaires parviennent à un consensus sur un statut avec lequel ils s'identifient et qu'ils puissent respecter pleinement. Manuel Gaspar (www.lepetitjournal.com - Lisbonne) mercredi 8 août 2007
|