Jeudi, 31 Mai 2012

En compagnie de Christine Arron, Mehdi Baala et Ronald Pognon, Ladji Doucourécomplète le plateau alléchant des championnats de France, qui se déroulent du 14 juillet au 16 juillet àAngers. Le recordman de France du 110 mètres haies porte déjàson regard sur Helsinki, le mois prochain, oùil briguera une médaille aux Championnats du monde

(Photo : AFP)

A l’issue de sa victoire au Stade de France, lors de la première levée de la Golden League, il y a deux semaines, Ladji Doucouréavait saisi le micro du speaker, et poussé un immense «Ouai…s !! ». Tout àsa joie, le licenciédu club de Viry-Nord-Sud-Evry venait de battre le Chinois Liu Xiang, champion olympique en titre, et l’Américain Allen Johnson, champion du monde àmaintes reprises, qui ont fini respectivement troisième et deuxième derrière «Douc ». En prime, le hurdler francillien améliorait son propre record de France (13´02 contre 13´06).
«Le stade de France, c’est chez moi. Sans être présomptueux, je voulais montrer que je suis le maître ici. Je voulais les battre et j’ai tout donné », analysait ce supporter du PSG après la course. «C’est fait, je suis très content. Si j’ai touchéAllen Johnson du bras, je le regrette, et je ne m’en suis pas aperçu ».
Ladji Doucourésait pourtant que sa progression constante dans la hiérarchie mondiale ne souffre aucun relâchement. Les Américains, avec Dominic Arnold àleur tête (13´11), prenaient leur revanche la semaine suivante àRome, Doucouréobtenant malgrétout, après deux départs manqués, une honorable troisième place.
Sans complexe face àLiu Xiang et Johnson
A vingt-deux ans, Ladji Doucouréest un garçon de son temps. Décontractéet positif, il n’oublie pas de se fixer des objectifs tout en retenant l’histoire, aussi douloureuse qu’elle le fût àAthènes, l’an passé. Après avoir battu deux fois le vieux record de France de Stéphane Caristan en séries (13´18 puis 13´06 contre 13´20), Douc venait heurter la dernière haie en finale, alors qu’une médaille d’argent s’offrait àlui.
Particulièrement rapide sur le plat, Doucourén’a pas toujours la totale maîtrise des dernières haies, et ramène le buste en arrière pour se freiner. Cela lui vaut naturellement quelques centièmes et parfois quelques places àl’arrivée. La présence du Chinois Liu Xiang, installéen France pendant l’étépour les meetings européens, peut certainement l’aider. Le champion olympique apprécie la force, le rythme et la puissance du recordman de France. Doucouréparle du jaillissement des starting-blocks et de la technique accomplie du co-recordman du monde. «Les Américains et leurs tentatives d’intimidation ne m’impressionnent pas », conclut le hurdler français.
Après la douceur angevine et un titre de champion de France pour lequel il sera le grand favori, Ladji Doucourén’aura que trois semaines pour s’acclimater àla fraîcheur d’Helsinki et obtenir un possible podium aux Mondiaux. Et trois ans pour rêver d'une apothéose olympique àPékin.
Arnaud BRELY. (LPJ) 15 juillet 2005