| Ecrit par BUDAPEST,
le 27-07-2007 00:00
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En 1993, une américaine débarque en Hongrie, elle ne parle pas un mot de hongrois et pourtant, 15 ans après elle est à la tête de l'Art Factory, une galerie d'art qui vise à promouvoir les jeunes artistes magyars à l'étranger
Femme de fer dans tailleur de velour (photo LPJ M. Couvret) Dianne C. Brown a un parcours pour le moins atypique. Originaire d'Orlando (Floride, U.S.A), elle y étudie le journalisme, mais le métier n'est pas à la hauteur de ses espérances et comme de nombreux journalistes, elle se réoriente vers les relations publiques. Pendant 15 ans elle sera attachée de presse, entre Orlando et New York où elle fonde une famille. En 1993, une opportunité professionnelle s'offre à elle en Hongrie, elle décide alors d'emmener toute sa famille pour tenter l'expérience, dans un pays tout juste remis du communisme. Elle travaille alors pour le musée des beaux-arts de Budapest où elle aide à mettre en place un programme de communication. Le marketing n'était pas la plus grande force des musées budapestois, se souvient-elle, "on avait l'impression qu'ils ne voulaient pas que les gens restent à l'intérieur du musée, il n'y avait que des chercheurs ou des professionnels." C'est là, qu'elle rencontre de nombreux artistes hongrois et qu'elle se rend compte qu'ils n'ont aucune reconnaissance internationale. Elle décide alors de prendre sous son aile quatre jeunes artistes, dont Zsolt Bodoni, co-fondateur de l'usine d'art, et de leur donner un endroit où ils peuvent travailler et exposer. C'est ainsi qu'est né l'Art Factory, en 2005, dans les locaux abandonnés d'une usine en périphérie de Budapest. Le loft de 800 mètres carrés permet aux artistes des peindre des toiles d'envergure et de les stocker sans problème, "Zsolt avait l'habitude de recevoir les amateurs d'art chez lui, dans son petit appartement, il stockait les toiles dans sa chambre et exposait dans sa cuisine, il est plus heureux ici" se réjouit-elle. C'est dans cette ancienne usine délabrée et abandonnée après la chute du communisme que nous avons rencontré Dianne Brown. Tailleur noir impeccable et sourire charmeur, elle nous fait visiter ce lieux insolite, "on a quelques problèmes en hiver, il fait trop froid et ils [ndlr : les artistes résidents] n'arrivent pas à peindre, alors on a confectionné une serre de fortune avec une grande bâche." Le but premier était de leur donner un endroit où exposer mais le véritable projet est d'offrir une renommée internationale aux artistes de l'usine. Diane utilise ses connaissances en communications pour faire connaître ses protégés. Et cela fonctionne, plusieurs propositions d'expositions lui sont parvenues, Milan, Tel Aviv, New York et Paris sont intéressés par les jeunes hongrois. "On commence à se faire un nom auprès des professionnels, avant on ne trouvait aucun artiste hongrois dans les foires d'art" nous confie-t-elle. Et Dianne est heureuse de recevoir des visiteurs dans cette usine, il y a toujours quelqu'un dans ces locaux, des journalistes, des professionnels ou de simples amateurs d'art. Ses relations avec les Etats-Unis et la communauté hongroise qui y habite sont très forts, "tous les ans nous nous rendons à Miami pour la foire d'exposition" mais tout ceci à un coût et même si Dianne ne souhaitait pas rentrer dans les détails du financement, elle nous avoue que "le gouvernement ne nous aide pas beaucoup, pas du tout même, ce n'est pas dans leur politique actuelle de promouvoir l'art hongrois à l'étranger." "Attitude positive, quand on veut on peut" Alors si personne n'aide les artistes, il faut trouver des financements privés et pour Dianne il n'y a pas de secrets "tout est dans la façon de penser, il faut être positif, si on veut, on peut. C'est ce qu'on appelle la pensée positive aux Etats-Unis." Avant de rajouter, "ici les gens sont naturellement pessimistes, c'est très dur de faire comprendre ça aux jeunes artistes, de leur dire qu'ils peuvent y arriver, il suffit juste de le vouloir". La recette à l'air de fonctionner et Dianne ne compte plus les artistes qui frappent à sa porte pour venir s'installer dans l'usine, "malheureusement nous n'avons pas assez de place pour d'autres artistes, nous voulons nous concentrer d'abord sur la réussite de ces quatre là. Nous verrons après". M. COUVRET. (www.lepetitjournal.com - Budapest) vendredi 27 juillet 2007 Pour plus d'information : Art Factory : www.budapestartfactory.com Sparks Gallery : http://est.hu/hely/13283/sparks_gallery_for_emerging_artists/ro353
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