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TERRORISME - La presse victime du secret-défense |
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| Ecrit par CASABLANCA,
le 24-07-2007 01:00
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Deux journalistes placés en garde à vue et des militaires mis aux arrêts, c'est le dernier bilan de l'affaire Al Watan al An. Ce journal arabophone a diffusé le 14 juillet des documents classés secret-défense par les autorités gouvernementales, dans un climat de forte tension antiterroriste. Le syndicat de la presse appelle à une journée de protestation aujourd'hui
"Qui essaie de faire taire Al Watan al An ?" à la Une du dernier numéro de l'hebdomadaire arabophone.
La publication de documents classés confidentiels relatifs à la menace terroriste au Maroc publiés par l'hebdomadaire arabophone Al Watan al An jette le trouble dans les milieux de la presse et des autorités sécuritaires du Royaume, en alerte terroriste maximale depuis début juillet. Dans son édition parue le 14 juillet, Al Watan Al An a publié un dossier intitulé “Les rapports secrets derrière l’état d’alerte au Maroc” en s'appuyant sur un rapport de la DGST appelant à la vigilance, suite à une vidéo diffusée sur internet montrant un soi-disant groupe terroriste lançant "un appel solennel au djihad contre les régimes maghrébins, en désignant particulièrement le Maroc”.Le directeur de la publication Abderrahim Ariri, 43 ans, et le journaliste Mustapha Hormat Allah, 37 ans, ont été arrêtés mardi dernier et placés en garde à vue jusqu'à ce mardi 24 juillet pour avoir publié cet article qui citait des rapports émanant des services de sécurité à propos des menaces terroristes pesant sur le Royaume. Ils doivent être présentés cette semaine à la justice, a indiqué samedi à l'AFP leur avocat Jalal Tahar. Selon le parquet de Casablanca "les investigations ont permis d'établir que cette affaire relève d'un secret-défense porté à la connaissance du public, comme le stipulent les dispositions de l'article 192 du code pénal, sans aucun rapport avec le code de la presse" (NDLR : un code de la presse qui est par ailleurs en pleine réforme et déjà sujet à de nombreuses critiques). "Il s'agit d'une affaire très grave qui met en cause la sécurité au plus haut niveau dans le royaume", ajoute pour sa part le ministre délégué à l'Intérieur, Fouad Ali Al Himma. Militaires aux arrêtsL'arrestation des deux journalistes a été condamnée par des associations non gouvernementales dont le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM). "Les journalistes ont le droit de recevoir des informations et documents confidentiels et de les publier pour informer le public" a estimé le SNPM en joignant sa voix à celles de journaux marocains qui qualifient "d'injuste" l'arrestation de Ariri et Hormat Allah.Sept officiers des Forces Armées Royales (FAR) dont un colonel ont été mis aux arrêts de rigueur, soupçonnés d'avoir favorisé la publication des documents classés confidentiels par les services de renseignements. D'autres soldats, dont un colonel major et des policiers, ont été auditionnés dans le cadre de cette même affaire. D'autres documents ultra-sensibles auraient même été saisis lors d'une perquisition effectuée dans une ferme selon une source bien informée...Des manifestants ont appelé samedi devant le siège d'Al Watan al An à Casablanca à la libération des deux journalistes ainsi qu'à l'annulation des charges. Dimanche, le SNPM a appelé, dans un communiqué, la profession à porter ce mardi 24 juillet un brassard de protestation, lors d'une journée de solidarité avec les deux journalistes.Didier BOUVILLE avec AFP (www.lepetitjournal.com - Casablanca) mardi 24 juillet 2007Presse : protestation de Reporter sans frontièresDans un communiqué diffusé sur son site internet, Reporters sans frontières tient à exprimer "sa plus vite inquiétude après le renouvellement pour 96 heures de la garde à vue d’Abderrahim Ariri et Mostapha Hurmatallah, respectivement directeur de publication et journaliste de l’hebdomadaire Al Watan Al An (La Nation maintenant). Si personne ne peut contester la gravité de cette affaire, comme en témoigne la mise aux arrêts de rigueur d’un officier, le maintien en détention des deux journalistes est tout à fait incompréhensible. En effet, de l’avis même de certains officiels, ils ne sont ni des criminels, ni des terroristes. Dans ces conditions, on comprend mal pourquoi avoir refuser leur mise en liberté en choisissant l’interprétation la plus répressive de la loi. Si ce n’est la volonté d’intimider le reste de la profession".Terrorisme : le gouvernement appelle à la la mobilisation de tousLors d'une réunion organisée jeudi à Rabat, le ministère de l'Intérieur a demandé la mobilisation de toutes les composantes du pays, dont la presse nationale, "pour contrecarrer les menaces terroristes potentielles qui guettent le Maroc" et préparer sereinement les prochaines élections législatives du 7 septembre prochain. Le ministre de l'Intérieur Chakib Benmoussa a exhorté les médias nationaux "à faire preuve de responsabilité et de sérieux dans le traitement de ces grands dossiers et à éviter la course au sensationnel, l'exagération et enfin d'éviter de minimiser les dangers potentiels qui guettent le pays" selon la MAP. "Plusieurs indices et informations collectés convergent" affirme Benmoussa, vers un même constat : "des menaces existent bel et bien et l'état d'alerte n'est pas un quelconque leurre, comme s'amusent à l'avancer certaines parties".
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