| Ecrit par Camille VAYSSETTES,
le 11-07-2005 23:00
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La Bosnie a commémoré hier les dix ans du massacre de 8.000 musulmans par l’armée serbe à Srebrenica. Près de 50.000 personnes sont venues pleurer les victimes et la communauté internationale s’est obligée à un mea culpa unanime
610 cercueils drapés de vert sont venus hier rejoindre les 2.000 corps déjà enterrés. (Photo : AFP)
La petite ville de Srebrenica, dans l’est de la Bosnie, était hier sous une chape de plomb. Près de 50.000 personnes s’étaient réunies pour commémorer les dix ans du massacre qui a coûté la vie à 8.000 personnes dans cette enclave musulmane en territoire à majorité serbe.
Alors que Srebrenica comptait 36.000 habitants à l’époque, ils sont aujourd’hui à peine 9.000. Presque tous des Serbes. Les survivants ont au moins pu hier enterrer quelques 610 corps, dans des cercueils drapés de vert. Le petit cimetière mémorial à l’entrée de la ville ne compte pour l’instant que 2.000 tombes. Malgré les fouilles effectuées dans les dizaines de charniers mis à jour, de nombreux cadavres n'ont en effet pas encore été identifiés.
« Un échec colossal, collectif et honteux »
Aux côtés des habitants de Srebrenica, se trouvaient hier quelques grands de ce monde, pour exprimer la honte de l’occident face à son impuissance. Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU, n’était que représenté, mais a fait lire le message suivant : « La tragédie de Srebrenica va hanter pour toujours l'histoire des Nations unies ». Javier Solanna, le chef de la diplomatie européenne, a renchéri en parlant des habitants de Srebrenica : « Nous, la communauté internationale, les avons abandonnés. Ce fut un échec colossal, collectif et honteux ».
Boris Tadic, le président serbe, est lui aussi venu rendre hommage au victime, avec une gerbe de fleurs ; un geste inédit pour un dirigeant yougoslave.
Washington et d’autres ont redit l’urgence de mettre la main sur Ratko Mladic et sur l’ancien dirigeant politique de la Bosnie serbe, Radovan Karadzic. Recherchés par le tribunal international de La Haye pour l’ex-Yougoslavie, tous deux sont encore dans la nature. Les survivants du massacre et les familles des victimes les réclament pourtant à grands cris pour enfin panser la plaie de Srebrenica.
Camille VAYSSETTES. (LPJ) 12 juillet 2005 Lire aussi
Le Monde, A Srebrenica, en Bosnie, dix ans après le massacre, les deux communautés se toisent
La Tribune de Genève, A Srebrenica, les Serbes s’interrogent et s’inquiètent Il y a dix ans, Srebrenica
A deux mois de la fin de la guerre de Yougoslavie, l’armée serbe, conduite par le chef de guerre Ratko Mladic, avait pénétré à Srebrenica, alors sous protection onusienne. Mettant les femmes et les enfants d’un côté, les hommes et les adolescents de l’autre, les militaires s’étaient livrés pendant une semaine au massacre méticuleux de 8.000 de ces derniers. Les casques bleus des Nations unies, notamment des militaires néerlandais, avaient été empêchés de pénétrer dans Srebrenica par les forces serbes. (LPJ – 12 juillet 2005)
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