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CINEMA - Terry Gilliam, l’anti-Hollywood Version imprimable Suggérer par mail
lundi 11 juin 2007
L’ex-membre des Monty Python était en Espagne pour présenter son nouveau film, Tideland. A Barcelone, le cinéaste a défendu sa dernière production en s’attaquant à Hollywood et en affirmant ne pas vouloir faire du cinéma pour le grand public. Un pari risqué

Avec Terry Gilliam, on ne sait jamais sur quel pied danser. Vif, imprévisible et pince-sans-rire, le cinéaste de 66 ans a su garder toute sa fraîcheur. Une lueur de malice dans le regard, il répond aux questions en alternant humour et gravité d’une manière surprenante. Surtout lorsqu’on lui parle de la controverse soulevée par Tideland. Par le passé, certaine de ses productions, comme Brazil ou L’Armée des 12 singes, ont connu un grand succès. Pourtant, son dernier film a reçu un accueil plus que mitigé aux Etats-Unis et en Europe.
Car Gilliam a décidé de ne plus faire pour le grand public. Sa réponse aux critiques est cinglante : "par ce film, je présuppose qu’il y a une vie intelligente sur cette planète. A Hollywood, ils pensent que le public est idiot, qu’il veut toujours voir la même chose". Ex-membre des Monty Python, groupe de comiques anglais adeptes du nonsense et de l’humour profanateur, Gilliam n’a pas sa langue dans sa poche. "Je pense que si l’on donne au spectateur de la bouillie pour bébé, il finira par ne plus se souvenir du goût de la vrai nourriture. Moi, je veux donner à manger à la minorité". Celui qui a déjà collaboré avec les studios californiens serait-il devenu persona non grata à Hollywood ? Autre sourire de l’intéressé : "Non ! Si je leur propose un film avec Bruce Willis ou Johnny Depp, ils m’accueillent à bras ouverts".
"Alice au pays des horreurs"
Tideland, sorti en Espagne le 8 juin, est un conte pour adultes morbide. La vie de l’héroïne, une fillette du nom de Jeliza-Rose, est un véritable cauchemar dont elle ne s’échappe que grâce à son imagination. Pour Gilliam, l’intérêt est de "provoquer le spectateur, voir sa réaction. Par exemple, certaines scènes évoquent la pédophilie sans jamais l’atteindre. Avec ce film, nous jouons avec vos peurs".
Nicolas GRIMALDI (www.lepetitjournal.com - Barcelone) 11 juin 2007
 
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