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DIPLOMATIE. L'eau trouble les relations entre Kirchner et Chirac |
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samedi 02 avril 2005 |
Lors de la visite du Président argentin à Paris, le chef d'Etat français a tenté de faire avancer le dossier de Suez et d'EDF concessionnaires de marchés publics en Argentine. Mais, les points de vue restent encore très éloignés
Jacques Chirac a accueilli Nestor Kirchner à bras ouverts… même si la fermeté reste de mise dans la négociation (photo AFP)
La situation du groupe Suez (Aguas Argentinas) et d'EDF (Edenor), installées en Argentine dans les années 90 lors de la privatisation des services publics d'eau, électricité et gaz entre autres, a constitué le point essentiel de la rencontre entre Jacques Chirac et Nestor Kirchner jeudi dernier à Paris.
Le Président français Chirac a été ferme avec son homologue. Il a demandé aux autorités argentines de proposer rapidement une solution sur la délicate situation d'accords transitoires dans laquelle se trouvent actuellement les deux entreprises. Jacques Chirac a ainsi déclaré qu'il s'agissait « d'une pierre dans le soulier qu'il faut enlever au plus vite ».
Mais, pour sa part, le gouvernement argentin a redemandé que Aguas Argentinas investisse 240 millions de pesos et n'augmente pas ses tarifs. Une augmentation de 16% serait toutefois en négociation selon le ministre de l'Economie argentin, Roberto Lavagna. Aguas Argentinas réclame elle une augmentation de 60% de ses tarifs et propose des investissements pour un montant de 120 millions de pesos argentins. Il y a des amours qui tuent !
Vendredi, au siège du Medef, le représentant du groupe Suez, Yves-Thibault de Silguy a ouvert le dialogue en affirmant « l'amour que sa compagnie porte à l'Argentine ». Non sans humour, le Président Kirchner lui a répondu : « Il y a des amours qui tuent ! »
Edenor et Aguas Argentinas endurent actuellement une situation financière plus qu'aléatoire. Leur endettement en dollars a explosé avec la dévaluation du peso début 2002 tandis que les tarifs publics sont gelés depuis cette date.
Par ailleurs, quelques jours avant la visite officielle de Nestor Kirchner en France, de fortes amendes ont été appliquées aux deux entreprises pour cause de coupures de service dans l'approvisionnement en eau et en électricité au bon milieu de la canicule estivale. Aguas Argentinas a reçu une amende de 2 millions de pesos (500.000 euros) et Edenor de 400.000 pesos (100.000 euros). La possibilité de renationalisation d´Aguas Argentinas a même été évoquée !
Suzanne Thiais . (LPJ) 24 janvier 2005
Kirchner au Medef Pour clore sa visite vendredi, Nestor Kirchner s'est réuni avec les membres du patronat français au siège du Medef. Les principales entreprises françaises ayant des intérêts en Argentine se trouvaient présentes à la réunion : Carrefour, Peugeot, Alsthom, Total, Sodexho, Renault, le Groupe Danone… L'Argentine intéresse de nouveau les entreprises puisque son taux de croissance en 2004 a dépassé les 8%. (LPJ – 24 jan 2005) |