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Après plus de 170 ans d’attente, les milliers de musulmans d’Athènes ont enfin un lieu à eux pour prier. Ancienne usine, elle a été magnifiquement réaménagée et semble remplir parfaitement son nouveau rôle. Visite et témoignages Fini les caves insalubres, les cafés ou les appartements transformés, les musulmans athéniens ont dorénavant un lieu de prière dans la capitale. Située sur l’avenue Piréos, dans le quartier de Moschato, c’est une ancienne usine, rénovée et flambant neuve, qui accueille le "centre culturel musulman". Financé par des hommes d’affaires musulmans, le bâtiment a tout d’une mosquée, même s’il n’en a pas l’appellation. A l’appel du muezzin, les fidèles se rassemblent pour la prière tandis qu’un petit groupe finit son repas au milieu de la salle. Au fond, vers l’Est, se trouve une place réservée aux prêches de l’imam. Des télévisions à écrans plats garnissent quelques murs pour permettre au plus éloignés de voire le prêcheur. Trois étages et plus de 1800 m² sont prévus pour accueillir dans un décor rouge les quelques milliers de musulmans vivants à Athènes. A la fin de la prière le petit groupe se disloque. Nazir, Syrien, se dit "heureux de pouvoir enfin prier avec ses frères" et tous approuvent. "Ce centre nous a donné une identité, une reconnaissance en tant que communauté", affirme quant à lui Mahmoud, palestinien.
En attendant la mosquée
La communauté musulmane est, en effet, très diverse : Chiites, Sunnites, Pakistanais, Iraniens, Arabes, Africains. Les nombreux "sous-groupes" musulmans posent problème quant à la gestion de celle-ci. Les autorités évoquent d’ailleurs cette raison pour justifier les longueurs de la construction de la future mosquée supervisée par l’Etat grec et dont l’imam serait d’ailleurs un fonctionnaire. Cible des critiques du gouvernement américain et de certaines organisations des droits de l’homme, le gouvernement grec s’est engagé à dépenser plus de 20 millions de dollars dans la construction d’une mosquée sur une ancienne base militaire d’Elaiona, dès 2009. La communauté musulmane n’a pas attendu le début des travaux pour construire sa propre mosquée, car, selon Naïm El-Gadour : "personne ne sait quand les travaux (ndlr : de la nouvelle mosquée) vont commencer". D’autant plus que de nombreux autres problèmes risquent de ralentir le processus, notamment le fait que personne ne veut de mosquée dans son quartier. Des habitants de Péania où devait être construit le lieu de culte avaient en effet érigé une croix de plus de 3 mètres à l’endroit précis de la construction. Il faut rappeler que 97% des Grecs sont orthodoxes et que la Grèce a été sous domination Ottomane pendant des siècles. Autant dire que le problème est loin d’être résolu. Steven DOLBEAU. (www.lepetitjournal.com – Athènes) vendredi 20 juillet 2007
Centre culturel musulman de Moschato 2 rue Kyprou et Pireaus |