| Ecrit par Blanche Baudouin,
le 19-07-2007 00:00
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Si vous évoquez le 11 septembre 2001 avec n’importe quel Français en ce moment, il vous dira des choses inouïes. Parce qu’il sait ce qu’il sait de ce qu’il sait et qu’il est surtout sûr de poser les bonnes questions. Blanche conseille d’éviter le sujet Parler du 11-Septembre, c’est toujours de la dynamite (photo AFP)
Depuis quelques mois en France, il se passe un étonnant revirement des discussions sur le paysage apocalyptique et américain du 11 septembre 2001. A chaque fois, j’en reste comme deux ronds de flan. On me dit par exemple que le World Trade Center aurait dû résister à une attaque martienne, et que deux pauvres avions ne pouvaient en rien, en s’y crashant, les faire s’écrouler. On me dit que les premiers pompiers arrivés en haut ont affirmé avoir circonscrit l’incendie. On me dit qu’il y avait trop de fumée pour que ça brûle mais que les braises ont continué à être incandescentes trois semaines plus tard. Une troisième tour aussi se serait effondrée, la CW7 alors qu’elle n’avait été percutée par aucun avion. Et que pour que des tours s’effondrent de cette manière c’est qu’elles ont été dynamitées. Grosso modo, les avions c’était pour le décorum et que de toute façon il n’y avait personne dedans… Bref on me dit des choses insensées auxquelles je ne connais que couic. Et chaque fois on m’assure que c’est scientifique, que les types qui font circuler ce genre d’infos sur le net ou chez la coiffeuse sont d’éminents ingénieurs, journalistes, chercheurs en mystères divers ou de simples observateurs. Des Michael Moore en moins partisans. Donc des sources fiables.
Dans un effroi social Evidemment, ça me tétanise et bien au-delà. Parce que instruite comme je suis, j’ai toutes les questions pour remettre en question leurs questionnements à commencer par pourquoi ? Puis à qui profite la version officielle ? Et qui profite à en douter ? Et de nouveau pourquoi ? Le problème c’est qu’on va dans le même sens puisque les gens qui véhiculent leurs hésitations ne prennent qu’une seule posture : celle de la question technique. Forcément, on tourne en rond avec nos questions contradictoires. On tourne même tellement pas rond, qu’on finit immanquablement par vouloir se frapper. Mais comme je fréquente des gens courtois et raisonnables, on commande une nouvelle bouteille pour trouver l’inspiration du prochain sujet –ce qui est chaque fois une épreuve. En plus du reste, le 11-Septembre soulève donc un nouveau problème social : les gens courtois et raisonnables sont-ils fréquentables ? Blanche BAUDOUIN. (www.lepetitjournal.com) jeudi 19 juillet 2007
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