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Hatshepsout, "la dame du Nil" comme l'appela Pauline Gedge, est enfin identifiée. La momie de cette célèbre pharaonne de 18éme dynastie (1580 -1320 av. J.C.) a été reconnue récemment, un siècle après sa découverte en 1903 par Howard Carter, découvreur de la tombe de Toutankhamon, grâce à un minuscule morceau des dents de la reine Un siècle de recherche Des études déployées durant plus d'un siècle, égyptologues, archéologues, spécialistes des analyses ADN et dentistes ont dû se succéder tout au long de l'enquête dévoilant le mystère de ces momies. Le corps de la reine a été retrouvé avec celui de sa nourrice dans la Vallée des rois, l’une dans un sarcophage et l’autre à même le sol. La première est extraite de la tombe et identifiée comme celle de Sitre-In, la nourrice d'Hatshepsout. L’autre est laissée sur place. Certains égyptologues avaient déjà abordé l’hypothèse qu’il pouvait s’agir de la pharaonne, sur la base de plusieurs indications : son bras gauche replié sur la poitrine, ses ongles peints en rouge et bordés de noir. Aucune inscription mentionnée ne confirma son personnage. Il y a plus d'une année, cette momie a été déplacée au Musée du Caire pour y être examinée. Contrairement à ses représentations et ses statues qui subsistent encore dans son temple à Deir El Bahari, Hatshepsout âgée d’une cinquantaine d’années, obèse, serait morte d’un cancer des os, d'après un scanner 3-D à rayons X. Une radio du crâne de la momie montre que le fragment de sa molaire découvert dans le coffre de bois trouvé dans la tombe KV 20 et marquée du nom d'Hatshepsout s’adapte parfaitement sur l’une des dents encore présentes sur sa mâchoire. La momie trouvée sur le sol est donc bien celle de Hatshepsout, que les fidèles de la reine ont dû évacuer dans une autre tombe avec sa nourrice pour la protéger de la vindicte de son successeur Thoutmosis III.
Déclaration du conseil Suprême des Antiquités égyptiennes Une conférence de presse mondiale fût organisée par Zahi Hawass, le secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités égyptiennes. Il présenta deux momies, en affirmant que l’une d’elles était celle d'Hatshepsout, reine d’Egypte de la 18ème dynastie, la seconde momie présentée étant celle que l’on a longtemps considérée comme celle de Thoutmosis I, après l’avoir extraite d’une cachette du temple de Deir al-Bahiri. Mais plusieurs indices (l’âge est d'une trentaine d'années seulement, la position des mains et le sarcophage) élimineraient, d’après Hawass, cette hypothèse. Des tests ADN sont actuellement en cours dans le laboratoire spécialisé construit au sein même du Musée du Caire. Hatshepsout Obsédée du pouvoir Au quinzième siècle avant Jésus-Christ, Hatshepsout devient par ordre de pharaon, prince héritier de la double couronne d'Egypte, hardie, volontaire, d'un caractère aventureux, rompue à toutes les disciplines du corps et de l'esprit, elle sût convaincre son père Thoutmosis I, dont elle était la fille adorée. Il osa pour la première fois dans l'histoire du pays, aller à l'encontre de la loi de Maât, déesse de la justice et de la moralité, et des grands prêtres afin de la désigner comme futur héritier royal (le féminin n'étant pas de mise).
Devenue régente 15 ans plus tard, à la mort de Thoutmosis II, son mari et néanmoins demi-frère, elle prend d’autorité les pouvoirs d’un pharaon et règne 20 ans. Elle se présenta constamment vêtue d’un pagne d’homme et équipée d’une fausse barbe. Au cours de cette régence, Hatshepsout choisit sa cour, faite de personnes qui lui sont de plus en plus dévouées et fidèles. Elles occupent les plus hautes charges de l'état, Hapouseneb, le premier prophète d'Amon à Karnak, Nehesy, un chancelier d'origine nubienne, Ahmenhotep, le grand chambellan et surtout Senmout, son conseiller et architecte qui lui construisit son célèbre temple funéraire à Deir El Bahari en plus de ses constructions dans le temple de Karnak. Photos DR Musée du Caire (Momie et buste) et Lama Ahmed (temple) Lama AHMED. (www.lepetitjournal.com - Le Caire) jeudi 19 juillet 2007 |