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Comme beaucoup d’autres personnes au Caire, je reçois des sms quotidiens de la part du Centre Culturel El Sawy. Sawy, comme les gens l’appelle couramment, a la particularité de proposer des spectacles chaque soir de la semaine : concerts, théâtre, cinéma, cirque moderne… Afin de tenir le public informé, un système d’information envoyé par sms est utilisé depuis deux ans Depuis maintenant un an que je reçois quotidiennement ces sms, j’ai décidé de me plaindre, car je n’ai jamais rien demandé de tel. Alors, je téléphone au centre et demande à parler à la personne qui se charge de l’envoi des messages textes. Je lui donne mon numéro de mobile et il me garantit qu’il effacera mon numéro de la liste et ajoute librement que je suis loin d’être la seule à avoir fait cette demande pour la simple raison que cela est vraiment ennuyeux. Mais elle vient d’où cette liste ? Je demande ensuite, en tant que journaliste cette fois, à parler au service des relations publiques, car le chargé de l’envoi des sms m’a confié se servir de données qu’on lui transmet sans qu’il en connaisse la source. La responsable des relations publiques déclare que les numéros de téléphone contactés par sms sont ceux des membres officiels du Centre Culturel El Sawy, et de journalistes. "Seulement ces gens-là ? rétorquais-je. - Que voulez-vous dire ? répond-elle. - Je ne suis pas membre, et je n’ai jamais laissé mon numéro à l’accueil du centre afin d’être informée de la programmation, et pourtant j’en reçois depuis un an".
À ceci, elle avoue d’un ton embarrassé ne pas savoir d’où peuvent provenir les autres numéros. Le chargé des envois m’avait soufflé qu’il existe des mailing listes officieuses et sauvages, la responsable par contre dit ne pas en avoir connaissance. A la fin de notre entretien téléphonique qu’elle souhaite manifestement écourter, je lui demande quand même si ce système de relance par sms donne des résultats, s’il y a plus de public qui assiste aux spectacles qu’avant. "Bien sûr que oui, me dit-elle. - Avez-vous des chiffres, des statistiques ? - Non, nous n’en avons aucun, mais je sais qu’il y a plus de monde qu’avant". L’avenir dira si ma requête initiale d’éviction de mon numéro de téléphone de la liste a abouti ou non. Si, selon toute vraisemblance, des listes se forment officieusement, sans accords de la part des destinataires, il ne devrait pas se passer beaucoup de temps avant que mon mobile recommence à sonner l’alerte sms chaque jour à quatorze heures. Sms que très vite, j’avais pris l’habitude d’effacer sans même les lire. Marie GIROD. (www.lepetitjournal.com - Le Caire) mardi 17 juillet 2007
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