|
Nommé en mai 2005 surintendant et directeur artistique de la Scala, Stéphane Lissner est un des Français les plus célèbres de Milan. Premier étranger ou non-Italien à la tête de la célèbre scène scaligera, il nous livre ses impressions sur Milan Pour Stéphane Lissner, Milan a un côté new-yorkais (Photo Teatro alla Scala)
LePetitJournal.com : Comment avez-vous connu Milan ? Stéphane Lissner : En fait, avant d’y être nommé en 2005, je ne connaissais pas vraiment Milan. Ma première approche de la ville s’est faite via le Piccolo Teatro quand j’avais un peu plus de vingt ans. Puis je suis venu plus tard écouter Pierre Boulez à la Scala. J’ai davantage connu la ville grâce à Giorgio Strehler, le fondateur du Piccolo Teatro avec lequel j’ai travaillé au théâtre du Châtelet pour produire l’Opéra de Quat’sous*.
A votre arrivée, parliez-vous italien ? Non, malheureusement, je ne parlais pas un mot. Je sais que c’est surprenant compte tenu de l’importance de l’italien dans l’opéra, mais même si je comprenais, je ne le parlais pas. J’ai dû donc prendre des cours intensifs à raison de six heures par jour pendant plus d’un mois. Le 15 septembre 2005, j’ai dû faire ma première conférence de presse en italien. A la réflexion je pense que je ne m’en suis pas mal sorti, mais ce n’était pas encore terrible.
Comment trouvez-vous Milan ? Cette ville est très active et j’aime à dire que Milan a, par certains aspects, un côté New-Yorkais. Il y a ici beaucoup de travail et c’est ce qui anime les Milanais. Je trouve les gens très compétents, très professionnels et j’aime travailler ici. C’est vrai, Rome est au premier abord indéniablement plus belle. Ici tout ce qui est beau est caché, et j’apprécie l’idée de découvrir la ville, et d’être émerveillé quand j’arrive dans un cortile et quand j’y découvre un palazzo magnifique.
Et d’un point de vue culturel ? L’actualité culturelle est normale pour la ville. Milan peut cependant s’enorgueillir d’avoir en son sein deux institutions culturelles reconnues internationalement : la Scala et le Piccolo Teatro. Aucune ville européenne ne peut se targuer d’un aussi grand privilège, pas même Londres et son Covent Garden, ou Berlin et son Kammerspiele. Et puis j’ai eu l’occasion de voir de très belles expositions à la Triennale, comme Basquiat ou Armani. Propos recueillis par Nathalie ROUVEYRE. (www.lepetitjournal.com - Milan) jeudi 19 juillet 2007
*Opéra de Quat’sous œuvre créée en 1928 par Bertolt Brecht et Kurt Weill
Stéphane Lissner en quelques dates 1953 : Naît à Paris 1971 : Fonde son premier théâtre, le Théâtre mécanique 1978-1983 : Codirige le Centre dramatique national de Nice 1983-1998 : Administre puis dirige le Théâtre du Châtelet 1993-1995 : Dirige l’Orchestre de Paris 1998-2006 : Dirige le Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence 1998-2005 : Codirige le théâtre des bouffes du Nord avec Peter Brook |